‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 47 sur 258 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

nèrent à Lusignan , où , contrairement à la foi jurée , ils détruisirent le château et la tour Mélusine'; puis, sous le commandement du duc de Montpensier, ils se mirent à abbattre dans l'Àngoumois et le Poitou plus de cinquante châteaux.

Le duc de Montpensier, témoin de la lâcheté des siens et de l'intrépidité de Puygaillard , osa féliciter ce dernier. « Vous avez sauvé , lui dit-il , l'honneur de l'armée française,» voulant lui faire comprendre qu'il était étranger à ce qui s'était passé.

Pendant que ses généraux, et en particulier le duc de Montpensier, travaillaient à faire poser les armes aux huguenots , le roi cherchait à se rendre populaire à Paris , «en allant d'église en église, ouïr messes et sermons,» mais il n'y réussit pas beaucoup. Arrivé obéré en France, il signala son entrée à Paris en rendant des édits bursaux. Il agravait les impôts au lieu de les diminuer, comme une bonne et sage politique le lui eût conseillé.*

L'argent ainsi prélevé fut vite dépensé. Le bruit public accusa le roi et sa mère d'avoir dérobé un morceau de la vraie croix, relique conservée précieusement dans les trésors de la sainte chapelle. Quelques mois de règne avaient suffi pour faire partager à Henri l'impopularité de Catherine, « qui était en si mauvaise odeur de renom que tout ce qui arrivait de mal lui était imputé.» C'est au milieu de ces embarras d'argent sans cesse renaissants, occasionnés par une stupide prodigalité , que des députés réformés , à la tête desquels était le maréchal Damville, vinrent à Paris demander, non pas une amnistie, mais présenter leurs conditions. Le roi les reçut le 5 avril au milieu de son conseil privé. Après les avoir entendus, il prit leurs cahiers! et leur ordonna de se retirer; une heure après il les rappela et leur dit qu'il s'étonnait de la hardiesse de leurs demandes.

1. La Popelinière, liv. XXXÏX, fol. 254. — D'Aubigné, liv. II ,T chap. 10 , p. 1 38. — L'Estoile. — De Thon, liv. LIX, p. 128 et suiv.

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