LIVRE XV
talion à ces derniers de leurs biens confisqués et annulation des sentences rendues contre eux. »
A ces conditions déjà fort dures on en ajoutait d'autres : ôn demandait au roi de payer l'arriéré de solde dû aux Allemands par les protestants, et 200,000 écus pour éteindre d'autres dettes, la réunion prochaine des États- généraux, remise aux associés de deux places de sûreté par gouvernement, outre les places qu'ils occupaient.
Il fallait que la royauté fût bien faible ou reconnue pour telle pour oser formuler de telles demandes, qui annihilaient la monarchie et établissaient un État dans l'Élat; le roi ne les rejeta pas cependant : il accéda à plusieurs exigences des députés qui, n'ayant pas mandat pour traiter hors des conditions dont ils étaient porteurs, se retirèrent.1
Humilié au dedans, Henri III l'était au dehors: ses braves et fidèles Polonais, qui l'avaient nommé leur roi, prononçaient le 15 juillet 1575 sa déchéance2 et ne voulaient pas du duc d'Alençon, qu'il leur proposa à sa place pour se débarrasser honorablement d'un frère qu'il haïssait tout autant que Charles IX l'avait haï lui-même. Or, ce frère lui donnait trop d'embarras pur qu'il pût se pi cuper bien longtemps de l'humiliation si méritée que lui infligeaient ses anciens sujets; puis cela se passait si loin de lui qu'après le premier moment d'irritation, il y songe* peu ou pas du tout; toutes ses pensées se concentraient sur Alençon, que sa mère- ménageait, après l'avoir haï cordialement. Une première fois, sur les instances de cette dernière, il l'avait pardonné d'avoir ourdi, avec plusieurs gentilshommes, un complot ayant pour but de fomenter des troubles dans le royaume et d'attenter même à ses jours; mais il ne cessa dès lors d'avoir l'œil ouvert sus prince qui , au moment où la santé chancelante de Charles IX faisait prévoir sa fin prochaine, avait intrigué pour conhV quer la couronne à son profit. Un jour Henri III se sentit égratigner à l'oreille par son valet de chambre qui lui ar-
!. La Popelinière, gv XXXIX.