‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 5 sur 258 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

Lanoue*, dont le nom a été prononcé plusieurs fois dans cette histoire, était né en 1531 d'une famille noble de la Bretagne; élevé comme la plupart des gentilshommes de son temps, il savait à peine lire et écrire son nom quand il partit pour le Piémont, où il fit ses premières armes. A la paix de Càteau-Cambrésis il se retira dans son manoir de Bretagne; son désir de s'instruire, son aptitude au travail, sa patience inaltérable, comblèrent les lacunes de sa première éducation, et firent, plus tard, de lui un des meilleurs écrivains du seizième siècle. Esprit méditatif et curieux, il ne demeura pas étranger au mouvement religieux de son époque : il embrassa les doctrines évangéliques probablement pendant le séjour qu'Andelot fit en Bretagne; mais il ne se prononça pas cependant contre les Guises. Lors de la conjuration d'Amboise il demeura neutre entre eux et les Bourbons. Quand le massacre de Vassy obligea les protestants à prendre les armes, il n'hésita pas; il suivit Condé à Meaux, fut présent à la conférence de Touri, et se battit vaillamment à Dreux, dont il raconta plus tard la bataille dans ses mémoires. Pendant la seconde guerre civile il s'empara d'Orléans, et força le 12 octobre 1565 la garnison à se rendre. Il fut présent à la bataille de Saint-Denis, suivit Condé en Lorraine, et l'un des premiers donn4 sa vaisselle d'argent pout satisfaire les reïtres de Jean Casimir. Après la paix de Lonjumeau il se retira dans ses terres avec la presque-certitude qu'elle ne serait pas de longue durée. Il accompagna Condé et Coligny dans leur fuite; partout où il y avait une grande bravoure et une grande prudence à déployer , il s'y trouvait. A la bataille de Jarnac, il fut fait prisonnier. Le duc de Montpensier avait donné l'ordre de le pendre; un échange avec un prisonnier catholique le sauva. Il continua à servir sous Coligny, devenu par la mort de Condé général en chef {le l'armée huguenote. L'amiral, qui appréciait sa bravoure et sa sagesse , lui confia des commandements importants , qu'il remplit toujours à la satisfaction de son illustre chef. A Moncontour, où il se distingua par son intrépidité, il

Page 1