‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 52 sur 258 · D'Aubigné, liv. II, chap. 17, p · texte numérisé non relu

D'Aubigné, liv. II, chap. 17, p

l'extermination de leur Emilie. Elle avait été sur le point d'accomplir son dessein sur une fausse nouvelle de la mort de Damville, qu'elle avait essayé de faire empoisonner. Le lacet était prêt , Miron , le médecin du roi , pour disposer le public à croire à une mort naturelle, quoique subite, avait fait courir le bruit que les prisonniers étaient menacés d'une esquinancie. La nouvelle de la mort de Damville étant démentie, Catherine retira momentanément le lacet. Les deux maréchaux sortirent de la Bastille le 2 octobre ; mais la reine ne ramena pas son fils, qui se dirigeait vers le Poitou pour y joindre les confédérés. Elle était désespérée; mais, plus tenace que jamais, elle le suivait de lieu en lieu, écrivant à Henri III qu'il fallait faire la paix à tout prix. Henri avait près de lui des hommes qui lui conseillaient le contraire, et lui montraient, dans la paix, l'abaissement de la royauté. Parmi ses conseillers se trouvait le chevalier du Guast, homme dépravé, mais résolu, qui lui communiquait un peu de son énergie; de là les hésitations de Henri et les plaintes de sa mère , qui se désolait de n'être plus écoutée par un -fils au bonheur duquel elle s'était sacrifiée. — La victoire , enfin , que Henri de Guise venait de remporter à Dormans contre les reîtres de Thoré (10 octobre 1575) compléta le chagrin de Catherine , qui , voyant le roi insouciant de sa grandeur, aurait au moins voulu qu'il se laissât diriger par elle. De cela Henri III se montrait peu soucieux, et paraissait écouter plus du Guast que sa mère. Cet homme était de trop; il contrariait Catherine, et avait offensé par ses railleries la petite reine Margot Celle - ci , qui avait alors pour amant le fameux duelliste Bussy d'Amboise , fit tuer le favori par le baron deViteaux, qui n'en était pas à son coup d'essai. «La princesse, dit Michelet, n'hésita pas à aller trouver cet homme de sang au cloître ou, plus probablement, dans sa vaste et ténébreuse église. C'était justement la veille du jour des morts. Époque favorable. Toutes les cloches allaient être en branle , et les Parisiens , passant la journée à courir les églises et visiter les tombeaux, seraient rentrés de bonne heure. Elle fit valoir les circonstances qui facilitaient le coup. Palpitante et frémissante, elle lui demanda

1 . C'est le nom donné par ses frères à Marguerite de Valois.

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