‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 65 sur 258 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

sauter, danser, volter, quereller et suivre le roi partout et en toutes compagnies, ne faire, ne dire rien que pour lui plaire ; peu soucieux, en effet, de Dieu et de la vertu, se contentant d'être en la bonne grâce de leur maître, qu'ils craignaient et honoraient plus que Dieu.'

Au milieu de ses débordements, le roi se piquait de dévotion, et pour se rendre agréable à son peuple, «il allait «à pied par les rues de Paris pour gagner le pardon du jubilé envoyé en France par le pape Grégoire XIII, accompagné de deux ou trois personnes seulement et tenant en sa main de grosses patenôtres, les allait disant et marmonnant par les rues: on disait que ce faisait-il par le conseil de sa mère, afin de taire croire au peuple de Paris qu'il était fort dévotieux catholique, apostolique et romain (et lui donner courage de fouiller plus librement a la bourse). Mais le peuple de Paris (encore qu'il soit fort, aisé de lui imposer, principalement en telles matières où il y vatde la religion), n'en fait point de cas autrement, et furent les vers suivants en forme de pasquil et quolibet affichés et semés par les rues :

Le roi, pour avoir de l'argent, A l'ait le pauvre et l'indigent ,

Et l'hypocrite.

Le grand pardon il a gagné; Au pain , à l'eau il a jeûné

Comme un hermite.

Mais Paris, qui le connaît bien.

Ne voudra plus lui prêter rien, A sa requête.

Car il en a jà tant prêté, Qu'il a de lui dire arrêté :

Allez en quête. 5

Les lazzis, les satires, les pamphlets pleuvaient sur co malheureux roi qui, en perdant sa propre estime, s'était cuirassé le cœur et finissait parue plus sentir les traits acérés qui volaient sur lui. Un pamphlétaire se fit l'écho des sentiments du peuple à son égard et les formula dans un écrit intitulé : Titres donnés par le peuple de Paris au roi Henry. On y lisait ces mots :

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