‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 66 sur 258 · Ibidem-, p. 75 et · texte numérisé non relu

Ibidem-, p. 75 et

« Henri , par la grâce de sa mère incert roi de France et de Pologne imaginaire , concierge du Louvre , marguiller de Saint-Germain - l'Auxerrois et de toutes les églises de Paris, gendre de Colas, gauderonneur des collets de sa femme et friseur de ses cheveux, mercier du palais, visiteur des étuves, gardien des quatre mendiants, père conscript des blancs battus et protecteur. des caputiers.' »

Quand un peuple se rit ainsi de son souverain, il faut que ce souverain soit méprisable ou que ce peuple soit égaré : des actes pareils sont toujours les avant - coureurs des catastrophes sociales. Les avertissements qu'ils renferment devraient engager les rois à se tenir sur leurs gardes; mais lorsque, comme Henri III, ils ne sont pas soucieux de leur dignité, ils sont frappés de vertige et d'erreur, et le mépris mine alors leur pouvoir plus promp- Umient que ne le ferait la haine. Sous leur règne la licence prend la place de la liberté, les droits sont méconnus, les devoirs foulés aux pieds et la conspiration est en permanence sur la place publique.

Le peuple qui raillait ainsi son roi n'en méritait pas d'autre; plus sage, il eût jeté le manteau de la charité sur l'homme qui, sur le trône, était dans un état presque permanent d'ivresse. La leçon qu'il lui eût donnée eût sans doute porté ses fruits; le monarque, rougissant de ses fautes, eut compris les grands devoirs de sa charge. Mais cette belle et grande leçon ne pouvait lui être donnée ; sa cour était un lieu de débauche et le parti catholique d'où sortait la ligue ne se composait que d'ambitieux et d'intrigants , qui exploitaient habilement sa déchéance morale. Le chef de la Sainte-Union était Henri de Guise, le fils du Balnfré; l'ambition de ce prince était grande; il portait ses vues jusque sur le trône de son maître : tout le servait, l'abjection de Henri III autant que sa valeur personnelle. Nul ne lui disputait la première place, qu'il méritait par son courage, la renommée qu'il s'était acquise dans les combats et son attachement à la religion catho-

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