‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 68 sur 258 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

manc ses portes, rendit publiques des lettres qu'il avait adressées à la noblesse de Guyenne : « Comme je travaille | nuit et jour, lui disait-il , à faire jouir les sujets du roi i d'une bonne paix distribuant également et sans passion la justice aux catholiques et aux réformés, suivant l'intention de l'édit, l'amiral de Villars, envenimé d'aigreur et de i passion et chargé de desseins et d'instructions pour ceux qui désireraient la continuation des troubles, était venu exprès en Guyenne pour y remettre les défiances, les ani- | mosités et la discorde, si bien qu'avec l'intelligence de cinq ou six esprits turbulents, il incita les bourgeois à faire garde à Bordeaux plus grande qu'aux temps d'hostilité , et à m'en refuser l'entrée à l'heure que je voulais aller trouver la reine mère à Cognac. Qu'ainsi cet attentat et celui du Pont-Saint-Esprit par Luynes étant des signes manifestes de rupture, je conjure la noblesse et le clergé de dessiller les yeux, de prévenir l'orage, de s'opposer à la malice des factieux et de s'accorder tous à faire obéir le roi dans l'observation de sonédit, le salut et le repos du j peuple étant la plus juste et la plus nécessaire des lois, i sans nous laisser désormais circonvenir au prétexte de | religion. Quant à moi, je proteste devant Dieu que je maintiendrai en ma protection les catholiques et les réformés sans aucune préférence , les défendrai de toutes oppressions et les conserverai aussi chèrement que ma propre vie. 1 »

Les autres protestants, dans cet intervalle, ayant appris que les députés nommés à l'assemblée de Blois l'avaient été sous la condition expresse qu'ils demanderaient la révocation de l'édit, publièrent un manifeste dans lequel ils tenaient pour nul et non avenu tout ce qui se ferait dans l'assemblée des États : «Quelle loi, quelle justice, disait ce manifeste, peut donner lieu à la rupture d'un édit signé et juré avec tant de solennité par le roi et par les plus grands seigneurs de l'État? Si l'on dit que le roi est mineur, on le traite d'enfant , c'est l'offenser en son honneur ; on va contre son intention, puisqu'il a déclaré sa majorité à tous les princes de la chrétienté. Après tout, quand il te serait, la minorité ne relève pas toujours la personne,

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