‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 72 sur 258 · Procès-verbal du clergé, t. H, p. 114 et suiv · texte numérisé non relu

Procès-verbal du clergé, t. H, p. 114 et suiv

Saint-Père. Ces princes1 sont tous sages et vertueux, tous attachés très-étroitement au Saint-Siège depuis le plus petit jusqu'au plus grand; au contraire, les Capétiens sont en partie stupides et hébétés, en partie condamnés de Dieu et des hommes pour le crime d'hérésie et frappés d'excommunication, dont les effets paraissent en ce que plusieurs sont morts à la fleur de leur âge sans avoir eu d'enfants, et que ceux qui restent n'en ayant point encore, ne peuvent laisser la couronne qu'à des successeurs infectés de la lèpre spirituelle 3. Ce qui doit d'autant plus inciter les bons catholiques à procurer de tout leur pouvoir que le royaume soit restitué à la race carlovingienne, qui est saine de corps et d'âme , capable d'entreprendre et d'exécuter de grandes choses , et qui par sa vertu est remontée aujourd'hui à un tel point d'honneur et de puissance, qu'elle est sur les degrés du trône et n'attend que les suffrages des peuples pour y être heureusement rétablie3. Ainsi , il faut croire que ça a été par une disposition divine que l'on a accordé des conditions si avantageuses aux huguenots dans cette dernière paix4, afin que la louange et la gloire de surmonter un mal si rebelle, ne soient rapportées qu'à Dieu seul et à la sacrée bénédiction de son vicaire ici-bas. Or, afin d'en venir à bout, la sainte ligue trouve bon de procéder de la sorte : les prédicateurs seront chargés d'émouvoir les peuples à sédition dans les villes pour ôter la liberté aux huguenots de s'assembler dans leurs temples. Sur cela le roi sera supplié de réprimer les tumultes et d'en donner la charge au duc de Guise, lequel, enhardi par la dissimulation du roi , formera de secrètes ligues avec la noblesse et avec les grandes villes et se fera prêter serment qu'on le reconnaîtra seul chef de la ligue. Les curés tiendront rôle de ceux qui peuvent porter les armes, les admonesteront en confession de garder le secret et la fidélité et les avertiront de quelles armes ils auront à se fournir; puis il leur sera envoyé des capitaines auxquels ils obéiront et qui les feront marcher quand il en sera besoin.

1. Les Guises : ils se disaient les descendants de Charlemagne.

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