‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 77 sur 258 · Journal de G. de Foix, t. II, p · texte numérisé non relu

Journal de G. de Foix, t. II, p

2. Procès -verbal du clergé, t. H, p. 210-214. — Journal de Nevers, t. III, p. 119 et 120.

Le jeune gentilhomme aïKMêl s'adressait le roi de Navarre et qui devint plus tard si célèbre sous le nom de Sully, était né en 1559. Il était le second des fils de François de Béthune, baron de Rosny,-et de Charlotte Dauvet. Des trois fils de François de Béthune, Maximilien fut le seul qui persista dans la profession de la foi réformée; ses deux frères , Salomon et Philippe , retournèrent dans l'Eglise romaine. De bonne heure Maximilien se distingua par la précocité de son intelligence, et fit ses premières études avec le célèbre professeur La Durandière. A l'époque du mariage du roi de Navarre , son père profita du passage du prince à Vendôme pour le supplier de le prendre à son service ; le jeune roi se contenta d'accueillir gracieusement Rosny et d'admirer sa gentillesse. L'enfant alla à Paris et logea au quartier latin pour y poursuivre le cours de ses études; c'est au milieu de ses travaux scolaires que survint la nuit de la Saint-Barthélemy dont son père avait le pressentiment, quand, à l'occasion du mariage du prince de Béarn , il disait « qu'il était fort à craindre que les livrées de cette noce ne fussent vermeilles. » Le jeune étudiant eût probablement péri sans sa présence d'esprit. Averti par son hôte du massacre des huguenots, il revêtit sa robe d'écolier, mit un livre d'heures sous le bras et sortit ; ce fut ce livre qui le sauva et lui servit de passe-port jusqu'à son collège. Le principal ému et touché de compassion, voulut le sauver; c'était difficile : il avait dans son cabinet, au moment où l'écolier y entrait, deux prêtres qui lui affirmaient qu'il fallait, comme aux Vêpres siciliennes, tuer tous les huguenots jusqu'aux enfants à la mamelle, il put cependant dérober Rosny à leur vue et le renfermer dans une chambre où il demeura jusqu'au moment où un ordre du roi ordonna de cesser le massacre.

Quelque temps après, l'étudiant entra au service du roi de Navarre qui lui lit continuer ses études. «Attache-toi, lui dit son père, au prince de Béarn, sois lui fidèle jusqu'à la mort, s'il le fait aller à la messe, comme lui, vas-y; ne l'abandonne pas dans l'adversité.» On aime à rencontrer de ces nobles exemples d'amour et de dévoue-

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