‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 82 sur 258 · Davila, liv. VI, p. 343 et suiv · texte numérisé non relu

Davila, liv. VI, p. 343 et suiv

2. D'Aubigné, t. IV, çhap. 2, p. 333. — Mémoires de Bouillon, t XL1X.

trompaient pas. Catherine, qui connaissait la position précaire de son gendre, résolut de la rendre plus critique encore, en venant intriguer au milieu de sa petite cour. Elle donna pour prétexte à ce voyage le désir de conduire elle-même à son mari sa fille Marguerite. Henri III avait consenti au départ de sa sœur dans l'espérance qu'elle lui servirait d'espion auprès du roi de Navarre. Frère généreux , il lui avait donné un magnifique apanage : le Quercy et l'Agenais.

L'entrevue des deux époux eut lieu à la Réole. «Les choses, disent les mémoires de Bouillon, se passèrent assez doucement, et néanmoins la reine Marguerite demeura avec la reine sa mère, qui s'en devait venir au port Sainte-Marie 1 , et le roi avec ses gentilshommes s'en retourner à Nérac. 3

Il y eut de part et d'autre beaucoup de plaintes et plus encore de difficultés à régler; la paix de Bergerac était loin d'avoir tout pacifié ; il fut convenu entre la belle-mère et le gendre qu'une conférence aurait lieu entre eux à Nérac, quand ce dernier aurait pris l'avis des députés des Eglises protestantes qui devaient se réunir à Montauban. On se sépara, et pendant que le roi retournait à Nérac, Catherine et sa fille se dirigèrent vers Toulouse, où elles furent reçues magnifiquement3. La vieille ville des capitouls n'avait jamais vu , réuni dans ses murs , un cortège aussi brillant ; ce n'étaient que grands seigneurs richement vêtus, que belles dames couvertes d'or et de soie : cela entrait dans les plans de Catherine, qui se servait habilement de ses filles d'honneur pour détacher du parti du roi de Navarre ses plus fidèles serviteurs. Ce qu'elle avait essayé à Toulouse, elle l'essaya avec succès à Nérac, où elle arriva au commencement de Tannée 1579. En quelques jours tout y fut transformé : les gentilshommes huguencîs furent d'abord éblouis, puis séduits.

«La cour de Navarre, dit d'Aubigné, se faisait florissante en brave noblesse, en dames excellentes, si bien,

1. Petit village sur le bord de la Garonne, à quelques kilomètres de Nérac.

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