‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 89 sur 258 · I. 1* vol. detette histoire, Uv. XV, p. 351 et 352, g · texte numérisé non relu

I. 1* vol. detette histoire, Uv. XV, p. 351 et 352, g

reste était tenu en réserve. Le vase rempli de salpêtre, appliqué à l'une des portes de la ville, fait explosion; mais l'ouverture qu'il donne est si étroite qu'il faut se traîner sur le ventre. Saint-Martin, Gontaut de Salignac, Roquelaure, Rosny et Bourbon lui-même sont déjà dans la ville. La porte tombe sous les coups de hache; mais l'explosion a répandu l'alarme. Le vigilant Vezins a tenu sa troupe armée; elle avance vers l'endroit menacé; toutes les cloches sont en mouvement; les habitants se rassemblent à la clarté des éclairs et des torches. Catholiques forcenés, ils se souviennent d'avoir fait, il y a huit ans, un odieux massacre des protestants. La crainte du supplice a doublé en eux les forces du fanatisme; on n'entend que ces cris : charge et tue! De chaque maison les tuiles, les pierres, les vases pleins de matières enflammées sont lancés sur les assaillants; ils avancent, mais lentement. Avant d'avoir gagné la grande place, ils ont eu plus de douze combats à livrer. Vezins arrive et se bat en furieux; il est chargé par Salignac, Saint-Martin et Roquelaure; il tombe mort; mais Saint-Martin est tué, Salignac et Roquelaure blessés dangereusement ; Rosny l'est à son tour. Bourbon , qui se tient toujours à leur tête, a rompu deux pertuisanes; ses armes sont faussées par les coups de feu. Le jour paraît et montre les habitants retranchés dans une rue par des barricades. Point de retraite! s'écrie Bourbon; les pieds écorchés, couverts de contusions, il combat en s'adossant sur des boutiques. On vient lui apprendre qu'un corps nombreux arrive au secours de la ville ; on le conjure de se retirer vers la campagne: Non, dit-il, ma retraite de cette ville sera celle de mon âme hors du corps. Déjà le vicomte de Gordon était venu le retrouver avec les douze cents hommes de réserve laissés vers les noyers. Mais Henri avait dans la campagne une autre réserve sous le commandement du comte de Chouppes; il lui donne ses ordres. Chouppes attaque le corps qui vient au secours de la ville et le bat.

Après cette victoire, il amène au roi de Navarre un renfort de cent chevaux et de six cents arquebusiers. Mais les habitants, qui s'attendent qu'un massacre général punira leur longue résistance, n'ont point encore posé les armes. A couvert sous leurs toits, ils font rouler d'énormes

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