‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 90 sur 258 · UVRE XVI · texte numérisé non relu

UVRE XVI

pierres sur des assaillants battus par un long orage, exténués par la faim et couverts de blessures que nulle main ne vient soulager; chacun des quartiers de la ville exige un combat , chaque maison , une escalade. Le roi de Navarre, maître des tours et des parapets de la ville , s'étonne d'avoir encore des assauts à livrer; déjà il a passé la cinquième nuit dans une cité dont les toits fument. Un bruit sourd lui donne l'espérance que les habitants s'échappent dans la campagne : c'est là le plus ardent de ses vœux. Sa victoire ne sera point suivie d'un massacre. A ce bruit succède un profond silence qui confirme ce favorable présage. Au point du jour les magistrats de cette ville désolée viennent implorer sa clémence. Henri obtient de ses soldats la vie de ceux qui n'ont pu fuir; mais il ne peut empêcher le pillage. Ah! Sire, quel exploit, viennent lui dire ses capitaines! fut-il jamais un siège plus glorieux! fut-il jamais plus de courage, plus d'adresse, plus de fermeté pour entrer dans une ville! Ah! répondit Henri en soupirant, cette ville est française. 1

La prise de Cahors donna au roi de Navarre la réputation d'un habile capitaine, mais ne lui amena pas une forte armée sous ses drapeaux. Après son brillant fait d'armes , il fut contraint de se replier vers Nérac avec cent cavaliers et s'estima très-heureux quand La Rochefoucauld lui amena quatre-vingts chevaux et deux cents arquebusiers qui l'aidèrent à attendre de pied ferme Biron qui s'approchait. 2

Le maréchal, après avoir lancé quelques volées de coups de canon contre le château, se retira devant la contenance fîère et intrépide de la petite troupe du roi de Navarre. •

L'armée catholique, quoique plus nombreuse que celle des huguenots, n'était pas très-redoutable. Mal commandée, mal soldée, elle était dans un état complet de désorgani-

1. Lacretelle, t. II, p. 103 et suiv. — Sully, Économies royales, t. Ier, chap. 2. — Davila, liv. YI. — De Thou, t. VI, liv. LXXIL

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