Lmivreleuil , t. Ier, p. 59. -1 .Brueys, l. Il, p, 142L
et peu de temps après celui de Du Chayla, l'étonna. Il crut qu'un projet de soulèvement avait été médité entre les protestants des Cévennes et ceux du Languedoc. Il fit de vaines recherches pour découvrir les coupables ; comme il lui fallait une victime, sa justice s'égara sur un innocent : Bousanquet, du Cayla, fut roué à Nîmes le 7 septembre 1702, et son cadavre fut exposé sur le grand chemin de cette dernière ville à Montpellier.1
A la vue du cadavre de cet innocent, la terreur s'empara d'un grand nombre d'hommes qui quittèrent leurs demeures et allèrent grossir la troupe de Laporte.
Le chef cévenol se trouva dès lors à la tête de soixante hommes, avec lesquels il commença la célèbre guerre des Camisards. L'occasion de se mesurer aves les troupes royales se présenta bientôt. Le capitaine Poul, qui cherchait les mécontents, les rencontra dans une petite plaine appelée «le Champ-Domergues ». A la vue de l'ennemi, Laporte se prépara au combat : le choc de part et d'autre fut brillant2; et les troupes royales commencèrent, à dater de ce jour , à apprécier ces hommes dans lesquels elles n'avaient d'abord vu que de misérables pâtres. La victoire paraissait encore incertaine, quand Laporte comprenant que sa troupe, malgré la furie avec laquelle elle chargeait celle de Poul, ne pourrait, par son courage, suppléer à sa faiblesse numérique, donna le signal de la retraite à ses gens qui gravirent en bon ordre une hauteur où Poul n'osa les poursuivre.
Pendant que Laporte faisait ses premières armes, Castanet et un jeune Cévenol, nommé Roland, dont nous parlerons bientôt, faisaient les leurs; on pouvait suivre leurs traces à la lueur des incendies des églises et des presbytères; les catholiques, saisis d'épouvante, tournaient leurs regards suppliants vers Bâville, qui, de plus en plus irrité de l'audace des insurgés, frappait sans miséricorde les protestants inoffensifs et envoyait ainsi à son insu