‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 163 sur 253 · Histoire de Mmes, par Ménard, t. IV, p · texte numérisé non relu

Histoire de Mmes, par Ménard, t. IV, p

la persistance de leurs bourreaux, la mort d'un prédicateur en enfantait dix. Quand on savait à Genève qu'un ministre avait été brûlé, pendu ou décapité, on se disputait à la porte du cabinet de Calvin l'honneur d'aller travailler sur une terre qui dévorait ses missionnaires. Le maître leur disait: Allez, et les jeunes gens franchissaient la frontière, se cachant le jour, marchant la nuit, et arrivaient au milieu de ces populations simples , mais au caractère fortement trempé ; «ils se répandirent en 1556, dit Ménard, à Anduze, à Saint-Jean du Gard , à Sauve , au Vigan et à divers autres lieux des Cévennes: là ils prêchaient, dogmatisaient ouvertement et administraient le baptême et la Sainte-Cène.»

Le plus ardent de ces prédicateurs était un moine appelé le frère Claude Roini, de l'ordre des Cordeliers; sa parole vive, ardente, portait la conviction dans les cœurs. Aux armes spirituelles du moine le clergé opposa le bras séculier, mais il trouva de la résistance dans les partisans de la réforme, qui se soulevèrent au nombre de deux ou trois cents dafis les environs de Saint-Privat et de Saint- Maurice, et empêchèrent le corps d'armée envoyé à leur poursuite d'accomplir sa mission. Le parlement de Toulouse, irrité de leur résistance, envoya sur les lieux des commissaires pour faire le procès aux rebelles, qui furent vaincus, mais non anéantis par les canons et l'artillerie de Henri H.

En 1560 des églises furent établies, celle de Montpellier par Guillaume Mauzet, celle de Saint-Jean de la Gardonenque par Olivier Tardieu; celle d' Anduze par Pasquier Boust; celles de Saint- Germain de Calberte, de Saint- Étienne, de Valfrancesque, du Pont-de-Montvert, de Saint- Privat, de Gabriac par un ancien libraire de Genève1; celle de Sauve par Tartas , celle de Mialet par Robert Maillard; l'année suivante le célèbre Viret ranima le zèle de celle de Nîmes, fondée en 1559 par Guillaume Mauget.2

A dater de cette époque, les Cévenols ne connurent de repos que celui que leur donnèrent les trêves et les édits de pacification. La révocation de l'édit de Nantes leur porta un coup terrible , supporté avec plus de patience et de

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