LIVRE XLI
lenls de faire cesser l'exercice de noire religion. Mais il huit avoir du courage et prendre des précautions raisonnables. Les troupes se multiplient et les ordres se donnent pour en avoir de nouvelles; vous pourriez en tout cas meltre des corps de garde et des sentinelles pendant les olïices, et enfin il faut se confier en Dieu et ne pas craindre avec excès.» 1
Ainsi parlait le prélat. Moins passionné et plus éclairé, il leur eût dit que leurs souffrances et celles de leurs ouailles n'étaient que de justes représailles.
La peur est contagieuse. L'évêque de Mende , auprès duquel s'étaient réfugiés dix-huit prêtres, croyait à chaque instant entendre le tambour des insurgés; il suppliait les (ônsuis de fortifier sa ville épiscopale; il n'épargnait ni 1 or ni les exhortations ; écoutons Louvreleuil dans le récit qu'il fait des terreurs du prélat.
ce Contrescarpes, ravelins , courtines, portes, herses, fossés, fosses, brayes, murailles, tours, remparts, parapets, guérites, tout fut rétabli et mis en bon état à Mende; huit compagnies de cinquante hommes chacune, et une de cent quarante-^inq, composées de paysans du dehors, furent mises sur pied, non-seulement pour se bien défendre, mais encore pour être en état d'envoyer du secours aux environs.»3
L'évêque d'Uzès était plus effrayé encore que celui de Mende; il se barricada dans son palais, dont il fit griller les fenêtres. Les prêtres de son diocèse étaient sous l'empire des mêmes terreurs, et peu soucieux du martyre, ils s'efforçaient de mettre leur presbytère à l'abri d'un coup demain; entre tous, le prieur de Rivière se distingua: e Parmi plusieurs inventions, dit Louvreleuil, il mit en usage mie machine, qui, par le secours d'un seul homme, d'un (our et de quelques cordes, faisait mouvoir quatre pertuisaues ou vieilles hallebardes qui , allant et venant sans s arrêter, défendaient l'entrée de sa porte 3, derrière laquelle il se croyait en sûreté comme s'il eût été dans une citadelle.))
Ce qui augmentait la terreur des prêtres , c'était le
1. Lettres choisies de Fléchier, t. Ier (lettre du 1er novembre).