‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 178 sur 253 · Le mot devois signifie pacage · texte numérisé non relu

Le mot devois signifie pacage

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poudre; ses amis, qui, dans toute autre circonstance, n'auraient pas osé en demander, s'en procurèrent sous prétexte de s'en servir contre les camisards.

La frayeur des Nîmois et des catholiques des environs s'accrut de l'incendie du village de Pouls et de la défaite du chevalier de Saint-Chatte, près deMoussac, qui suivirent la bataille du Val-de-Bane. Fléchier laissa éclater sa douleur : ((Nous cherchons du secours, écrivait-il à l'un de ses curés; il nous doit venir du Seigneur1.» L'évêque s'efforçait de les rassurer et n'oubliait pas de leur promettre l'appui du roi de la terre après leur avoir promis celui du Roi du ciel.

Julien et une partie des troupes qu'on attendait, arrivèrent sur ces entrefaites. Bâville convoqua une assemblée d'officiers , dans laquelle on discuta les moyens d'en finir promptement avec les insurgés; l'un des membres présents proposa de passer indistinctement au fil de l'épée tous les protestants de la province, sans distinction d'âge ni de sexe et de brûler tous les lieux soupçonnés de favoriser la révolte.2

Cette horrible proposition trouva des partisans. « Tout le pays est gangrené, dirent-ils; ce n'est rien faire que de tuer les camisards, morts il en naîtra d'autres.» Bâville fut d'un avis contraire, non par ^humanité , mais par politique; il regardait au bien de l'Etat, et sentait qu'en frappant les Cévennes, les camisards ne seraient pas seuls frappés. L'intendant espérait qu'avec le temps les protestants seraient guéris de leur folie et qu'ils deviendraient raisonnables. 3

L'avis de Bâville prévalut; on résolut alors de poursuivre sans relâche les camisards , et on chargea de cette tâche Julien ; cet officier et quelques autres se mirent à la recherche des enfants de Dieu; mais, au moment où ils croyaient les atteindre, ils ne trouvaient que les traces de leur passage: des fermes détruites, des villages incendiés. Cependant les camisards ne se cachaient ni dans les cavernes, ni dans la profondeur des forêts; ils poursuivaient leur course victorieuse à travers les Cévennes. Ils tombè-

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