‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 180 sur 253 · Court. — Louvreleuil, t. Ier. p · texte numérisé non relu

Court. — Louvreleuil, t. Ier. p

dans leurs cruautés. La guerre se faisait comme chez les sauvages, sans quartier; tout prisonnier, était passé inexorablement par les armes, c'est ce qui rendait chaque rencontre meurtrière. Camisards et soldats royaux préféraient une balle à la potence.

Dans ce moment, le Vivarais, où les camisards avaient envoyé des émissaires, était dans une fermentation telle, qu'un soulèvement en masse y paraissait imminent; les insurgés l'appelaient de tous ïeurs vœux. Cavalier quitta les Cévennes et se transporta dans cette contrée avec plus d'audace que de prudence.

Le comte du Roure, qui en avait le commandement, lui fit demander pourquoi il avait pris les armes. « Pour défendre notre foi, nos biens, notre vie, répondit-il : qu'on cesse de nous persécuter et nous les déposerons.»1

Cavalier était parti avec trop de précipitation et de bruit pour cacher à Bâville son projet. En arrivant à Vagnas, il se trouva placé entre deux feux: il avait devant lui le comte du Roure, à la tète des gentilshommes du voisinage et derrière lui le vieux baron de Lagorce, fils du célèbre capitaine huguenot Merle.3

Cavalier ne se déconcerta pas et donna ses ordres; ses braves soldats se précipitèrent sur leurs ennemis, les mirent en fuite, et les poursuivirent jusqu'à Salavas, petit village situé à quelques minutes de l'Ardèche. La perte des catholiques fut considérable; au nombre des morts était le baron de Lagorce. Les camisards ne perdirent que quelques hommes.

Cavalier ne put franchir l'Ardèche. Il retourna à Vagnas. Julien, qui était à Lussan, averti par le comte du Roure, arriva à marches forcées et fit subir au chef camisard (10 février 1703) une grande défaite qui détruisit toutes les espérances que ce dernier avait fondées sur le soulèvement du Vivarais.

Cavalier perdit dans cette bataille 200 hommes et tout son bagage; Julien fit peu de prisonniers, lança ses soldats victorieux à la piste des fuyards et se débarrassa de ses prisonniers en leur cassant la tête.

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