‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 196 sur 253 · Brueys, t. III, p · texte numérisé non relu

Brueys, t. III, p

3. Le plus célèbre de ces écrits était intitulé : De là nécessité de donuer un prompt et puissant secours aux protestants des Cévennes. On en trouve un extrait assez étendu dans le premier volume de Court.

dats, on ne donnait que des prières et des vœux, et quand parfois une voile apparaissait à l'horizon, elle disparaissait tout aussitôt. Les gémissements des protestants cévenols n'arrivaient aux cabinets des princes protestants que comme le bruit affaibli d'un écho lointain. Ils ne comprenaient pas que le seul champ de bataille sur lequel ils pouvaient dicter la paix à Louis XIV, il fallait le chercher dans les Cévennes.

Montrevel quitta Nîmes, au mois de juin 1703, et fixa sa résidence à Mais, pour se trouver, disent les uns, plus près du théâtre de la guerre, pour faire sa cour, disent les autres, à une dame jeune et belle, dont il était éperdument amoureux. De cette résidence, il donnait ses ordres et lançait ses troupes à la recherche des camisards1, qui lui échappaient toujours et lui donnaient de leurs nouvelles en incendiant des églises, en arrêtant ses convois et en écharpant ses détachements. Le maréchal, hors de lui, frappait les protestants inoffensifs et inventait des supplices pour avoir l'air de frapper des coupables. Parmi ces derniers, se trouvait un homme qui acquit, de son vivant, une douloureuse célébrité, on l'appelait François Petit, baron de Saïgas : il appartenait à la plus ancienne et à la plus haute noblesse du Languedoc; c'était un homme doux de caractère, qui n'avait pas embrassé la carrière militaire comme la plupart des gentilshommes de son temps. En 1674, il épousa Lucrèce de Brignac. Quand le régime de la terreur fut inauguré dans les Cévennes, il abjura des lèvres, mais non de cœur; sa femme l'imita; mais, bourrelée par le remords, elle profita du temps où son mari était à la chasse et se réfugia à Genève. Dès que le baron apprit son arrivée dans cette ville, il dénonça son évasion à Bâville et retourna dans son château, où il mena une vie retirée ; c'est alors que la guerre des camisards éclata.

Les insurgés, malgré la pusillanimité du baron, lui témoignaient des égards à cause de la douceur de son caractère. Il eût voulu demeurer étranger aux scènes sanglantes qui se passaient alors autour de lui, il ne le put, et malgré lui

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