‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 20 sur 253 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

les protestants ne reçoivent de la Tradition que ce qui peut être prouvé par elle.

Celle de Véron était la plus curieuse et la plus absurde. Celui qui s'en servait, devait demander aue sur chaque point controversé, son adversaire lui produisit un article formel des Écritures ; si l'article était cité, il en demandait un second, tout aussi formel, qui prouvât que le premier devait être entendu dans le sens auquel il avait été allégué.

Celle du jésuite Maimbourg était basée sur une décision du célèbre synode de Dordrecht, qui avait prononcé en faveur de Gomare contre Arminius. «Si, disait le jésuite, l'Église a le droit de prononcer définitivement sur les contestations qui s'élèvent dans l'Église, c'était à l'Église romaine à prononcer dans la dispute qui s'est élevée dans l'Église aux jours de Luther et de Calvin; or, comme ils se sont soustraits à la juridiction légitime, ils sont coupables de schisme.» L'argumentation de Maimbourg reposait sur un sophisme, car les réformés n'ont jamais tenu l'Église pour infaillible et sont persuadés que ses conciles les plus pieux peuvent errer, et qu'il y a des occasions où non-seulement il est légitime , mais même nécessaire de rejeter leurs décisions; comment donc auraient-ils pu accepter Rome pour juge quand c'était contre elle qu'ils plaidaient? Comment l'auraient-ils tenue pour infaillible, quand c'est de sa faillibilité même qu'était née la séparation.

Le même jésuite avait fourni deux autres méthodes : la première tirée de l'un de ses ouvrages1, dans lequel il essaie de démontrer que la perpétuité est la marque de la vraie Église. Le principe est vrai, car les portes de l'enfer ne pourront jamais prévaloir contre l'Église qui a pour fondement les apôtres et les prophètes, et pour pierre angulaire, Jésus-Christ; mais les conséquences que le jésuite en tirait étaient fausses, car elles n'impliquaient pas nécessairement que l'Église romaine fût cette Eglise. Le débat restait donc ouvert. La seconde consistait à prouver que les protestants ne pouvaient pas savoir que la Bible est divinement inspirée, à moins que l'Église, c'est-

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