‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 209 sur 253 · Louvreleuil, t. Il, p · texte numérisé non relu

Louvreleuil, t. Il, p

HISTOIRE DE LA RÉFORMATION FRANÇjfïSE.

Planque n'est pas touché, mais importuné; à ses soldats qui hésitent , il dit brutalement : «Dépêchez-vous. »

Un officier et des soldats emmènent la mère; les deux enfants se jettent alors sur eux, furieuses comme des lionnes, en criant : «Non, vous ne la tuerez pas! nous vous l'arracherons!»

Une bête sauvage eût compris leurs cris de douleur, Planque ne les comprit pas; la mère fut assassinée sous les yeux de ses enfants. Quelques moments après , il y avait trente victimes qui gisaient par terre, baignées dans leur sang. On ne daigna pas même leur donner un coin de terre pour y reposer en paix, c'eût été trop de peine et d'honneur; on les jeta, comme des chiens immondes, dans le Gardon, qui les emporta dans sa course rapide et les déposa le long de ses bords, où elles furent rongées par les oiseaux de proie et dévorées par les bêtes sauvages.1

Planque avait, dans Fart de tuer, des émules et même dans le capitaine Laplace un supérieur. Ce militaire, plus digne de porter la livrée de valet de bourreau que l'uniforme français, ignorait jusqu'au mot de pitié. Il se riait des douleurs de ses victimes; sa joie était de les voir souffrir. Il permit un jour à quatre réfugiés d'aller chez eux pour des affaires qui touchaient à leurs intérêts , sous la condition de revenir le même jour. Ils partirent accompagnés d'une jeune fille, parente de l'un d'eux. Un orage survint, et ils ne purent être de retour que le lendemain matin, à La Salle. — Ils expliquèrent au capitaine la cause de leur retard.

«Liez-moi ces hommes, dit Laplace à ses soldats; conduisez-les hors de la ville et fusillez-les.» Les soldats obéissent et amènent la jeune fille, qui doit partager leur sort.

Sa jeunesse , sa beauté éxcitent un attendrissement général. Des cris de grâce se font entendre. «Qu'on se dépêche , » dit Laplace.

Quatre décharges consécutives ont lieu et quatre ca-

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