‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 217 sur 253 · Court, t. II, p · texte numérisé non relu

Court, t. II, p

de sa vie militaire , il est admirable de sang-froid , d'habileté et d'héroïsme. « Enfants , dit-il à sa troupe , nous sommes pris et roués si nous manquons de cœur. Nous n'avons plus qu'un moyen : il faut se faire jour et passer sur le ventre de ces gens-là; suivez-moi et serrez-vous.» Électrisés par les paroles de leur brave chef, les camisards fondent sur l'ennemi avec impétuosité , enfoncent ses rangs, jonchent la terre de ses morts; mais à peine ont-ils passé au travers d'un bataillon , qu'il leur faut passer au travers d'un second, puis d'un troisième; une plus longue lutte paraît impossible. Après des efïorls désespérés, ils se dispersent : Cavalier parvient à rallier une partie de ses troupes; avec elles il se jette avec furie sur des dragons qui gardent la tête d'un pont, se fraye un passage à travers leurs escadrons et opère , dans un bois , sa retraite que la nuit favorise. Il perdit, dans cette funeste journée, le tiers de sa troupe; le maréchal de Villars, qui se fit rendre compte du combat , lui rendit ce beau témoignage qu'il se conduisit d'une manière qui surprit tout le monde et se comporta, dans les circonstances les plus épineuses, comme aurait pu le faire un grand général. 1

Les soldats furent dignes de leur chef; ils mirent le sceau à leur réputation par leur bravoure. Ils étaient un contre cinq ! 5

Montrevel avait fait ses dispositions en habile capitaine et s'était battu en soldat. « C'est ainsi , dit-il la veille de son départ, que je prends congé de mes ennemis. » Sa victoire lui rendit moins amère la honte de son retour.

Cavalier recueillit les débris de sa troupe, lui fit franchir le Gardon et alla camper dans le bois d'Hieuset. Là encore un nouvel échec l'attendait; un officier catholique, M. de La Lande, le surprit ; après les fatigues de la dernière bataille, la résistance était impossible; Cavalier donna le signal de la retraite et perdit deux cents soldats. Un mal-

Page 1