Nap. Peyrat, t. II, p. 181. — Mémoires de d'Aigaliers
sous prétexte de regarder les heures. Catinat , lé sabre nu et Ja tête haute , marchait devant lui , écartant la foule et jouissant du triomphe de son chef, ne doutant pas qu'il n'eût arraché à Villars le rétablissement de l'édit de Nantes.
A son arrivée aux portes de la ville, où l'attendait sa troupe, il fut accueilli avec enthousiasme par ses soldats, qui, instinctivement, entonnèrent le psaume 133 et se dirigèrent vers Saint-Césaire, où l'attendaient plus de cinq cents Nîmois qui lui offrirent , ainsi qu'à sa troupe , des rafraîchissements.
Pendant que Cavalier semblait tenir dans ses mains les destinées de ses frères, Roland remontait dans les Hautes- Cévennes et agissait comme s'il eût ignoré les négociations de son lieutenant. Au moment même où ce dernier conférait avec La Lande au pont d'Avènes, il faisait subir, au colonel Cojnbeville, à Forêt-Morte, près du château de LaDevèze, une sanglante défaite, dans laquelle ce chef fut tué , ainsi que plusieurs de ses capitaines. Un riche butin tomba entre les mains de Roland; les camisards, un moment abattus par l'affaire de Nages, reprirent courage.
Le triomphe de Cavalier n'était pas sans nuages. Il avait agi sans consulter Roland; il fallut cependant qu'il se décidât à lui écrire ce qu'il savait par le bruit public. Roland lui répondit qu'il acceptait le traité; mais il ajouta, comme pour dégager son acceptation que, quant à lui, il était résolu de mourir les armes à la main plutôt que de tomber dans les pièges de Villars, mais que, au reste, ils se verraient et conféreraient ensemble de tout et longuement.1
La réponse de Roland ne satisfit pas Cavalier , qui , lié par ses conventions secrètes, évita la présence de son chef et se dirigea vers Calvisson , où il attendit la réponse de la cour.
Cette petite ville, la capitale de la Vaunage, présenta pendant huit jours un aspect des plus pittoresques. Cava-
1. Nap. Peyrat, t. II, p. 154. — Sœur Damerez. — Cavalier. — Mémoires.