‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 239 sur 253 · Mémoires de Cavalier. — Nap. Peyrat, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Cavalier. — Nap. Peyrat, t. II, p

chef. «Ils se laissèrent, dit Louvreleuil, saisir comme des agneaux.»1

Pendant le tumulte, Mlie de Cornelly avait pris la fuite, et, grâce à l'obscurité de la nuit et à un bon cheval , elle échappait à la poursuite des dragons.

Le lendemain, Parate retourna à Uzès, où il entra en triomphateur. Comme trophée de sa victoire, il tenait le cadavre de Roland sur l'arçon de la selle de son cheval. Dans la journée , il le fit promener par toutes les rues de la ville, accompagné d'un homme qui criait: «Voilà le corps de Roland, le fameux chef camisard !»

Roland fit son entrée funèbre à Nîmes au milieu d'une foule immense, qui se pressait avidement autour du char qui traînait son cadavre; chacun voulait contempler les traits de l'homme qui avait rempli le Languedoc du bruit de ses exploits. Bâville, rayonnant de joie, monta sur son siège de juge , fit le procès au cadavre de l'illustre mort et le condamna à être traîné sur la claie et ensuite à être brûlé. La sentence s'exécuta avec un grand appareil. Quand le corps de Roland eut été consumé par les flammes , ses cendres furent jetées au vent.

Les cinq officiers , qui , après la mort de leur brave chef, s'étaient laissé prendre sans résistance, furent exécutés peu de temps après. Fléchier et quatre autres prélats voulurent les voir mourir; leur joie, qu'ils ne surent pas dissimuler , indigna même les catholiques. Les prisonniers ne démentirent pas leur nom de camisard. Ils furent aussi grands sur l'échafaud qu'ils avaient été intrépides sur les champs de bataille.

Roland avait à peine trente ans quand il termina sa courte et orageuse carrière ; son nom , moins populaire que celui

I. Louvreleuil, t. III, p. 193. — Brueys, t. IV, p. 89. — Labaume, liv. III. — Court, t. III, p. 40 et suiv. — Nap. Peyrat, t. II, p. 225.

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