LIVRE XXXVI
tants, et demanda qu'ils pussent abjurer à neuf ou dix ans1, c'était une porte ouverte à la séduction et aux enlèvements d'enfants.
Cinq ans après (1670), les évêques se réunirent de nouveau en assemblée générale ; comme leurs demandes avaient paru excessives, ils présentèrent un mémoire dans lequel il les justifiaient article par article et en formulèrent de nouvelles. La cour, d'ailleurs, dont les refus n'avaient été que partiels, se montrait disposée à les seconder. Ils proposèrent donc que dans les écoles protestantes l'instruction se bornât à la lecture, à l'écriture et au calcul1, le reste, tel que l'histoire, la géographie, lui paraissait un luxe inutile. Le but caché de cette demande, était de détruire la pépinière d'où sortaient les pasteurs , les régents et les maîtres d'école.
L'attention des membres de l'assemblée se porta ensuite sur un point qui depuis longtemps leur paraissait de la plus haute importance , celui de la prédication. Ils redoutaient ces chaires huguenotes, du haut desquelles se donnait un enseignement diamétralement opposé au leur. Ils supplièrent le monarque de défendre aux ministres de prêcher ailleurs que dans le lieu de leur résidence. — Ils poursuivaient deux buts : 1° celui de priver beaucoup d'annexés des avantages de la prédication; 2° celui d'empêcher les pasteurs, qui jouissaient d'un grand renom d'éloquence, de visiter et de consoler les églises, et de prêcher devant les synodes quand l'assemblée serait réunie hors du lieu où ils exerçaient leur ministère. Ils réclamaient une pénalité contre le pasteur contrevenant; outre l'amende, il devait être interdit pendant dix ans de ses fonctions.3
Les prélats attirèrent l'attention du monarque sur des étrangers qui exerçaient en France les fonctions de ministres, de régents, de précepteurs, et déclarèrent qu'il était avantageux pour la paix publique de les faire sortir