‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 4 sur 253 · Article XXII · texte numérisé non relu

Article XXII

du royaume; ils rappelèrent que ceux qui avaient le plus soutenu l'hérésie, étaient venus de Genève, et ils citaient Lefaucheur, Mestrezat, Chauve, Rousselet.1

Aveuglés par la haine qu'ils portaient à la Réforme, ils méconnurent les principes les plus élémentaires de la justice. De tous temps, les biens des débiteurs ont été le gage de leurs créanciers. Les Romains, barbares dans leurs mœurs, s'étaient inclinés devant le droit et c'est par

qu'ifs sont véritablement grands. Les prélats se crurent plus puissants que le droit, et demandèrent que les protestants, qui se feraient catholiques, ne pussent être forcés, par leurs créanciers , de payer leurs dettes avant trois ans'. C'était un appât qui devait tenter beaucoup de réformés. Il leur ouvrait les moyens de se libérer temporairement et plus tard complètement, puisque les poursuites dirigées contre eux, devaient être jugées non par les chambres mi-parties, mais par les tribunaux catholiques.

Jusqu'à cette époque, le foyer de la famille protestante avait été fermé légalement aux prêtres; ses membres pouvaient y mourir en paix, assistés de leur ministres, de leurs parents, de leurs amis. Les évêques, voulant y pénétrer, supplièrent le roi de permettre au curé de la résidence du malade de pénétrer auprès de lui, pour lui demander s'il veut mourir dans la religion prétendue réformée. Ils ne bornèrent pas là leurs demandes, ils voulurent forcer les tuteurs des enfants, dont les pères et mères seraient morts dans la religion catholique, de les élever dans la foi de leurs parents3. Ils demandèrent de plus qu'on obligeât les protestants à ne pas traverser les rues et les places publiques «avec convoi et suite», sous prétexte d'aller baptiser un enfant ou célébrer un mariage. «Il est important, direntils, de ne pas souffrir tout ce qui flatte les peuples et leur enfle le cœur, quand ils voient qu'ils ont les mêmes honneurs dans une religion tolérée dont jouissent les catholiques dans celle du prince. En un mot, quand ils sont

1 . Mussard à Lyon . Michelly à Couches en Bourgogne, Bernard et Sarazin en Dauphiné , Bacuet en Poitou, de Tournes et du Toit en

Vivarais, etc.

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