‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 34 sur 253 · Élie Benoît, t. V · texte numérisé non relu

Élie Benoît, t. V

3. 11 est intitulé : Lettres aux églises réformées de France, qui ont besoin de consolation; à Cologne chez Pierre de Marteau, M.DG.LXXXrV.

«On leur offre les biens et la gloire du monde; on les ébranle par des menaces, on use de fraude pour les surprendre; on offre aux criminels l'impunité des plus méchantes actions , et aux chicaneurs le gain de leur injuste cause; on lend des pièges aux simples; on fait languir les âmes faibles dans les prisons; on emploie des prétextes frivoles pour obtenir des édits, des déclarations et des arrêts qui nous accablent; on nous prive de toute sorte de protection, on nous livre à la passion des persécuteurs, à la mauvaise foi des faux témoins, et à la prévention des juges suspects; on nous fait dépouiller de nos dignités, de nos charges, de nos emplois et de tous les moyens de gagner du pain par la profession des arts; on réduit nos peuples à mourir de faim; on les chasse de leurs maisons, on les pille; on sépare le mari de sa femme, le père des enfants, et les enfants de leur père et de leur mère; on emprisonne les uns pour rien et on bat les autres impitoyablement; on ne menace plus que de corde, que de galères, que de roue; on brûle les pieds de plusieurs avec des fers chauds, et on en traîne d'autres dans la neige. En un mot, il n'y a sorte de mauvais traitements et de tentations auxquels nos adversaires n'aient recours pour nous faire succomber, et si, après tous leurs efforts, quelqu'un succombe, ils osent, sans pudeur, publier que c'est un miracle de la grâce; mais la grâce approuve-t-elle une conduite si déréglée et si peu conforme aux maximes de i'Évangile? De bonne foi, est-ce la voix de Celui dont le règne n'est pas de ce monde, ou de Celle qui se vante d'être reine, et de ne voir ni deuil, ni famine, ni misère? Jésus-Christ vous dit: Chargez votre croix et me suivez, quoique je n'aie pas où reposer ma tête; et ils vous crient suivez nous, courez après nos saints, nos dogmes et nos cultes, et non-seulement, nous vous déchargerons delà croix que nous vous avons imposée , et vous laisserons vivre paisiblement dans vos maisons, mais nous vous donnerons encore de nos biens et de nos honneurs.»

Les auteurs le l'écrit supplient leurs frères de ne pas aller à la messe; ils censurent ceux qui se sont laissé séduire et les appellent des Demas qui ont délaissé Jésus- Christ pour le monde; ils encouragent ceux qui sont debout, et les avertissent de prendre garde qu'ils ne tombent;

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