‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 54 sur 253 · LIVRE XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII

Jusqu'à cette époque, les synodes se réunissaient en vertu de la loi; la cour leur enleva cette liberté et se réserva le droit de l'accorder ou de la refuser1; plus tard tous ces débris de liberté leur furent ravis.

Les réformés devaient leur supériorité intellectuelle à la manière dont ils avaient organisé l'instruction ; ils avaient de nombreuses écoles primaires, des collèges florissants et des académies qui avaient, à leur tête, des docteurs renommés; leurs ennemis, envieux de leur prospérité, travaillèrent activement à leur ruine; leur premier essai, dans cette voie, fut une spoliation. La cour ordonna que les collèges réformés, qui avaient été fondés par les protestants seuls, appartiendraient à l'avenir, par moitié, aux catholiques, et que les maîtres seraient choisis dans les deux cultes*. Deux ans plus tard, elle défendit aux protestants de Metz de fonder un collège, et ne leur accorda que le droit d'avoir des maîtres pour apprendre aux enfants à lire, à écrire et à calculer3. Cinq ans plus tard elle défendit à ceux de Rouen, d'avoir des écoles dans cette ville et dans les lieux où l'exercice du culte n'était pas permis4; elle fit un pas de plus, et décréta que dans le collège protestant de Melle tous les régents seraient catholiques5. Il eût été plus loyal de supprimer l'établissement et de faire comme la chambre de l'édit de Rouen, qui fit fermer l'école des filles de cette ville6, et le parlement de Pau, qui supprima le collège de Bergerac.7

Malgré le malheur des temps, la gentilhommerie protestante de la province était encore très-nombreuse; son éloignement de la cour l'avait garantie des deux vices do-

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