Arrêt du conseil (2 avril
minants qui y régnaient, l'hypocrisie et l'immoralité. Ses
enfants, élevés clans des académies protestantes, y puisaient des connaissances solides, variées ; la cour, jalouse de leur supériorité intellectuelle, supprima les académies et ne cacha pas, dès lors, son projet de réduire l'enseignement protestant à un simple enseignement primaire3, et de le restreindre encore en n'accordant aux réformés qu'une seule école et un seul maître dans les lieux où l'exercice de leur culte était permis.*
Les collèges n'existaient plus de fait, car, en y introduisant l'élément catholique, ils n'avaient plus de raison d'être. Quant aux académies, on les supprima, parce qu'il eût été impossible de donner à des étudiants protestants des professeurs catholiques3. Celle de Sedan le fut le 9 juillet 1681 4 ; celle de Die, le 11 septembre 16845; celle de Montauban, le 5 mars de la même année6; celle de Saumur, le 8 janvier 1685.
Les protestants avaient autant d'éloignement pour la messe, que les catholiques avaient de vénération pour elle. Aux yeux des premiers, elle était une odieuse profanation de l'institution de la Sainte-Cène; aux yeux des seconds, elle était une preuve de l'amour que Dieu portait à leur église, puisqu'il permettait à son Christ d'être au milieu d'elle par sa présence corporelle. Les grandes controverses avaient lieu autour de la table sur laquelle le Sauveur, la veille de sa mort, éleva le monument immortel de son immortel sacrifice. Ainsi, pendant que les protestants traitaient d'idolâtres les catholiques, ceux-ci les traitaient de profanateurs et ne laissaient échapper aucune occasion de les molester. La cour leur vint en aide par un arrêt du conseil ordonnant aux réformés de saluer le Saint-Sacrement et de se mettre à genoux quand il passerait par les