‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 56 sur 253 · LIVRE XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII

rues1. Un nouvel arrêt de la chambre de l'édit de Paris, survenu six ans après, les obligea de tendre le devant de leurs maisons les jours de processions solennelles5. Les contrevenants étaient condamnés à de fortes amendes et devaient se retirer quand ils entendraient la clochette; défense leur était faite de regarder par les fenêtres de leurs maisons quand le corpus domini passerait dans les rues.3 A ces vexations s'en joignirent d'autres; c'est ainsi qu'ils furent contraints de chômer les jours des fêtes consacrées par l'église catholique4, ce qui portait un notable dommage à leur industrie et froissait leur foi religieuse.

Quand le clergé dut accepter comme un fait accompli l'existence civile des réformés , il s'efforça d'empêcher leur propagande, et de restreindre leurs lieux d'exercices. Ses efforts furent couronnés de succès; longtemps avant l'édit de Nantes, il avait fait interdire complètement le culte protestant dans les lieux où le roi résidait, et temporairement dans les lieux où il passait5. Après l'édit, il obtint le même privilège pour les lieux où il y avait un évêché ou un archevêché6, et où les évêques et archevêques feraient leurs visites pastorales en personne7. C'était un moyen de supprimer le culte dans les lieux où les réformés étaient très-nombreux, et de les refouler dans les villages et les bourgs. En leur enlevant les grandes villes, on les affaiblissait; en les affaiblissant, on les déconsidérait.

De l'interdiction de l'exercice du culte à la démolition

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