LIVRE XXXVII
sur-Loing (Loiret); le 19, à Tournon (Lot-et-Garonne), et au Pouzin (Ardèche); le 5 mars, à Saint-Marde-en-Othe (Aube); le 12, dans les fiefs de Bouée et de Boispéan; le 19, à Brinon (Cher); le 2 avril, à Saverdun (Ariége), à Villemagne (Aude), à la Tremblade (Charente-Inférieure) et à Colet (Eure); le 9, à Camarade (Ariége ou Gers), à Savara, aux Bordes (Ariége), et à Baix (Ardèche); le 16, à Caumont (Ariége), à la Bastide-de-Cogoust, et à Montlaure (Ariége); le 30, à Uzès (Gard); le 14 mai, à Rochefoucault (Charente), à Salbertan, dans les vallées de Pragelas, de Cézanne, et de Doulx, à Chanal (Dauphiné), et à Vouël (Aisne): le 21 ^ à la Crouzette (Tarn); le 28, à Saint-André, seule église réformée du diocèse de Lodève et à Pujols (Puyaut, Gard); le 8 juin, à Moins (Moings, Charente-Inférieure), et à Rufïin (baillage de Gy); le 18, à la Gorce et à Salavas (Ardèche), à Veyne (Hautes-Alpes) et à Anselle; le 25, à Rossans, à Aiguefonte, Auxillon et Saint- Albi (Tarn), à Meysse (Ardèche), à Corps (Isère), à Sainte-Euphémie (Drôme), et à Saint-Bonnet (Gard); le 30 juillet, à Saint-Martin-de-Bobans, à Saint-Flour-de- Pompidou et à Bédarieux (Hérault); le 6 août, à Alisas (Ardèche), à Conseille et à Rochesanne; le 20, à Congenies (Gard), à Daujarquer, à Saint-Hilaire-de-Bretmas et à Saint-Félix (Gard), à Innas, à Villeville, à Vezenobre (Gard), et à Mauze, diocèse de La Rochelle; le 9 septembre, à Puylaurens (Tarn), à Pons (Charente-Inférieure), et au Mas-de-Verdun (Var); le 6 octobre, à Réal ville, la Parade et Caussade (Tarn-et-Garonne), à Montflanquin et Tonneins (Lot-et-Garonne), à Bourniquet (Dordogne), à Lunel (Hérault), et à Cajarre (Lot); le 10, à Jeuzac, à Beyles (Gironde), et à Lignières (Marne).1
Les réformés n'obtinrent même pas ce que les Turcs ont aujourd'hui accordé aux juifs, la triste consolation de prier et de pleurer sur les ruines de leurs temples. La liberté du culte leur était enlevée, celle de conscience leur sera bientôt contestée.
ï. Drion, Hist. chron., t. II, p. 264-265.
Atteints dans leurs droits religieux, les protestants le furent dans leurs droits de citoyen, qui leur étaient garantis par Pédit de Nantes, lequel les plaçait sur un pied d'égalité avec les catholiques. Le clergé, qui les voyait d'un œil jaloux dans les administrations publiques, où ils se faisaient remarquer par leur intelligence et leur probité, criait au scandale; on se rappelle ses plaintes au sujet d'Hervvart, que Mazarin maintint au poste de contrôleur général des finances; il les renouvela et fut plus heureux : on chassa les réformés des présidiaux, des consulats, des parlements, des conseils du roi, de l'administration des finances; on leur ferma l'entrée des universités et des emplois publics en général; la cour leur interdit les professions d'avocat, de notaire, d'huissier, de greffier, d'expert; même celles de clerc de juge, d'avocat, d'huissier, de notaire, de procureur, de sergent, de praticien; elle leur défendit d'exercer la médecine, la chirurgie; elle brisa leurs presses, ferma leurs librairies1; ils ne purent être ni pharmaciens, ni horlogers, ni marchands de la cour, ni monnayeurs, ni commis, ni archers, ni gardes; elle les exclut de toutes les maîtrises des arts et métiers; ils perdirent jusqu'au droit d'être tuteurs des enfants de leurs coreligionaires. Les femmes ne purent être ni lingères, ni sages-femmes.
Atteints dans leur foi et dans leur dignité de citoyens , ils le furent dans leurs droits de père. Le 6 septembre , un arrêt du conseil ordonna que les enfants nés avant le mariage d'un père protestant, lui seraient enlevés pour être élevés dans la religion catholique; le 12 juillet 1685, un nouvel arrêt déclara qu'il en sera de même à l'égard des enfants des veuves protestantes.
A l'iniquité on joignit la barbarie : on défendit aux ré-
1. Après un mandement de Harlay, archevêque de Paris, plus de 500 ouvrages furent mis à Pindex et condamnés à être brûlés. — On trouve le catalogue de ces ouvrages dans le Recueil de Lefebvre, dont nous parlerons plus tard.