‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 60 sur 253 · LIVRE XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII

formés de recevoir chez eux des pauvres malades1. On ordonna aux juges ordinaires, syndics et marguilliers de se transporter chez les malades, et de leur demander s'ils voulaient embrasser la religion protestante; s'ils s'y refusaient, leurs cadavres étaient traînés nus sur la claie1.

Ce code d'oppression fut trouvé insuffisant. On y ajouta plus tard d'autres articles, afin que dans ce filet d'iniquité il n'y eût pas une seule maille à travers laquelle leurs victimes pussent leur échapper.

Ces étranges juristes élaborent des lois dans lesquelles le ridicule le dispute à l'odieux. C'est ainsi qu'ils permettent aux enfants de se convertir à l'âge de sept ans3; qu'ils défendent aux mahométans d'embrasser la religion protestante4; aux ministres de parler directement ou indirectement de la religion romaine5; aux anciens et aux ministres, d'empêcher leurs fidèles de se faire catholiques6; aux protestants de donner des leçons d'équitation, de louer des chevaux, de faire des pots, des souliers, etc.

Ces édits, ces arrêts et ces déclarations, qui réduisaient les réformés au-dessous de l'état de paria, ne furent pas le résultat de la passion du moment, mais d'une pensée implacable, persévérante. «Sire, disait au roi un écrivain en lui dédiant le recueil des lois et arrêts rendus contre les protestants, ce recueil vous fera voir par des actes authentiques, que c'est une chose méditée depuis plus de trente ans, et insensiblement exécutée par la sagesse et la prudence de vos conseils. » 7

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