‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 64 sur 253 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

Dans la préface de l'édit de révocation , le roi tenait pour un fait constant que son père et son aïeul avaient eu le dessein de ramener leurs sujets réformés à la religion catholique; qu'ils en avaient été empêchés par les guerres civiles et étrangères, et que c'était par le même motif qu'il avait lui-même retardé jusqu'à ce jour l'exécution d'un dessein qui avait été l'une des premières pensées de son règne. «Dieu , ajoutait-il, ayant enfin permis que nos peuples jouissent d'un parfait repos, et que nous-même n'étant pas occupé des soins de les protéger contre nos ennemis, ayons pu profiter de cette trêve que nous avons facilité , à l'effet de donner notre entière application à rechercher les moyens de parvenir au succès du dessein des rois, nos dits aïeul et père, dans lequel nous sommes entrés dès notre avénémentà la couronne. Nous voyons présentement avec la juste reconnaissance que nous devons à Dieu, que nos soins ont eu la fin que nous nous sommes proposée, puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de la dite religion prétendue réformée ont embrassé le catholicisme; et d'autant qu'au moyen de ce l'exécution de l'édit de Nantes et de tout ce qui a été ordonné en faveur de la dite religion prétendue réformée demeure inutile, nous avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux pour effacer entièrement la mémoire des troubles , de la confusion et des maux que le progrès de la fausse religion a causé dans notre royaume, et qui ont donné lieu audit édit et à tant d'autres édits et déclarations qui l'ont précédé ou ont été faits en conséquence, que de révoquer entièrement l'édit de Nantes et les articles particuliers qui ont été accordés ensuite d'icelui, et tout ce qui a été fait depuis en faveur de la dite religion.»1

t. Préface de l'édit de Nantes. — Drion, Abrégé chron., t. II. — Mémoires du clergé de France , t. IÎ. — Haag, Pièces justificatives.

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