‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 7 sur 253 · LIVRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI

confréries; on ne nous lira plus l'Evangile; nous ne l'entendrons plus expliquer,. et on ne nous parlera qu'avec menaces. 1 »

On doit comprendre qu'un tel clergé ne dut pas être très-scrupuleux sur le choix des moyens, Nous allons le suivre sur les différents champs de bataille où il livra des combats aux dissidents.

L'un des moyens qui parut toujours au clergé le plus propre et le plus prompt à faire cesser le schisme, fut la réunion des deux cultes. — Nous connaissons les efforts de Richelieu et de son confident, le capucin Joseph ; l'insuccès de ces deux célèbres personnages ne découragea pas l'épiscopat. En 1661, il avait, dans le Haut- Languedoc, des agents qui travaillaient activement à réunir les deux cultes; à leur tête était le prince de Condé , gouverneur de la province qui appuyait le projet de ses intrigues et de son autorité2. Un synode, réuni à Nîmes (1640), s'y opposa. Noguier, Poujolas et Roure, ministres qui jouissaient d'un grand crédit dans l'assemblée, s'élevèrent avec une grande énergie contre ceux de leurs collègues soupçonnés de prêter l'oreille aux séductions du clergé. «Leur lâcheté, dirent-ils, serait digne d'une punition exemplaire; car il n'est pas possible d'unir les ténèbres avec la lumière, et Christ avec Belial. » Ces paroles furent même couchées dans le procès-verbal de l'assemblée , qui avait élu pour son modérateur un ministre déjà célèbre et qui devait le devenir davantage: on l'appelait Claude.

Jean Claude était né en 1619 à La Salvetat. Son père, qui exerçait les fonctions pastorales , fut son premier précepteur. Il le destina à la carrière ecclésiastique et le fit étudier à Montauban, sous Garissoles et Charles. A vingt-

1. Mémoires de Noailles, rédigés par l'abbé Millot. — Rulhière, Éclaircissements historiques sur les causes de la révocation de Tédit de Nantes, p. 57 et suiv,

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