Élie Benoît, Hist. de Tédit de Nantes, t. III, p
six ans, Claude fut reçu ministre, et desservit successivement les églises de la Treyne et de Sainte-Affrique. Celle de Nîmes lui adressa vocation ; il justifia le choix que le consistoire avait fait de lui. Jeune, il avait avec la hardiesse des premières années de la vie , la gravité et la sagesse des vieillards; sa parole n'avait ni le charme de celle de Daillé, ni l'éclat de celle de Du Bosc; mais elle avait une puissance qui lui venait d'une foi profonde et d'une logique nerveuse, serrée; il n'eût pas eu de supérieur parmi ses contemporains, s'il eût eu les dehors oratoires qui contribuent tant au succès du prédicateur. Dans les conseils il était droit et adroit, pénétrant, ferme, hardi quand il le fallait. Il opina dans le sens de ses collègues Noguier, Roure et Poujolas, et l'assemblée, sous l'impression de ses paroles énergiques ordonna, «que, pour couper le mal dans ses racines, chaque pasteur et ancien jurerait, séance tenante, la main levée à Dieu d'en décharger sa conscience, en déclarant ce qu'il pourrait savoir par lui-même ou qu'il aurait pu entendre dire à d'autres, directement ou indirectement.»1
Après la prestation du serment, chaque membre fit sa déposition. Il en résulta pour l'assemblée cette conviction que la cour avait essayé de séduire quelques ministres pour les faire entrer dans ses vues. Avant de se séparer, le synode arrêta «que des lettres seraient écrites, de sa part, à toutes les provinces du royaume touchant ce pernicieux dessein de l'accommodement des deux religions , qui ne pouvait se faire qu'en unissant les ténèbres à la lumière, et Christ à Bélial.»*
Peyremales, commissaire royal près du synode, trouvant ces derniers termes injurieux à la religion de Sa Majesté, s'opposa à la transcription de la délibération qui les contenait, dans le registre des actes officiels. Claude consulta l'assemblée et déclara à Peyremales que ce qui était écrit était écrit. Le conseil cassa la délibération du synode, interdit à Claude les fonctions pastorales à Nimes et le bannit de la province du Languedoc.3
L'attitude énergique du synode de Nîmes et celle de