‹ Histoire de la réformation française (volume 5)Chapitre 78 sur 253 · Ils étaient plus de · texte numérisé non relu

Ils étaient plus de

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plus prudent serait de les convertir par les mêmes moyens qui avaient converti leurs fidèles. Les partisans de la seconde opinion disaient que si parmi ces ministres il y en avait qui montrassent une grande fermeté, leur conduite, en les signalant comme des martyrs à leurs troupeaux , les raffermirait dans l'hérésie , et ramènerait au protestantisme ceux qui l'avaient abandonné. Ce der* nier avis prévalut; on leur proposa donc l'exil ou l'abjuration : ils n'hésitèrent pas. Quinze jours leur furent accordés pour faire leurs préparatifs de départ, et des passe-ports leur furent délivrés; on vit alors sept cents fidèles serviteurs de Jésus-Christ, la plupart époux et pères de famille, qui dirent pour toujours adieu à la France. L'heure du départ fut navrante; bien des larmes amères furent versées, quand ils saluèrent d'un dernier regard le temple où ils avaient annoncé le conseil de Dieu , le presbytère, témoin de leurs travaux et. de leurs affections de famille; le cimetière où reposaient tant d'êtres, dont ils avaient fermé les yeux et recueilli le dernier soupir. Aucune amertume ne leur fut épargnée : on ne leur permit pas d'emmener leurs femmes et leurs enfants; on ne leur tint même pas la promesse qu'on leur avait faite, de les laisser partir en paix; un grand nombre furent arrêtés et jetés en prison. A quelques-uns on ôta leur passe-port, et ils errèrent dans les campagnes et dans les bois comme des malfaiteurs. Parmi eux, il y en avait de si âgés qu'ils semblaient ne pas avoir de lendemain ; on fut impitoyable à leur égard. Ils eurent à opter entre l'exil et l'abjuration. Ils n'hésitèrent pas; ils s'appuyèrent sur leur bâton, quittèrent leur presbytère, et allèrent mourir loin de leur patrie. Parmi eux, il y en eut qui furent contraints de s'embarquer malades: le mal de mer les tua; ceux qui résistèrent au roulis de la mer, moururent bientôt après leur débarquement.

La retraite des pasteurs fut blâmée comme un acte d'insigne lâcheté; après la proscription, l'insulte. «Pourquoi, dirent leurs persécuteurs, ne sont-ils pas demeurés au sein de leurs troupeaux au risque d'y trouver la

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