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Lo six août, lo minislrc lîoiir.uoin lui aiirossa de piousps pnroics. Lri mouraiilo écouta nttontivemcnl lontos les paroles du serviteur de .lôsus-Christ. « 0 fîloriouso résurrection ! ô Dieu d'. Abraham ! s'écria-t-elle dans un moment de saint entiiousiasmn , espoir des fidèles depuis tant de siècles, c'est en loi que j'es[ièro. » Vers lo soir, h sept heures, Calvin s'approcha do son lit; elle arrêta sur lui ses regards pleins de joie; à défaut do paroles ils lui disaient combien elle était heureuse de lo revoir encore uno fois. L'époux affligé, mais résigné, reçut SCS adieux et lui fil les siens; pui.s fléchissaul le genou, il demanda au Maître qu'il servait avec tant d'abné'gation de recevoir dans ses tahornaclcs élernels celle dont la mort allait creuser un vide si profond dans son cœur. Pendant qu'il priait, la mourante l'écoutait avec une grande atlenlinn, et une dernière fois elle mêla son âino à l'àmo de celui qu'elle aimait plus que sa vie; puis ello entra dans la vallée de l'ouibro de la mort, illuminéo pour elle do la présence ravissante de Jésus son bon berger; respirant encore, mais étrangère aux choses extérieures, elle s'éteignit comme uno lampe, dovicement, sans secousse, et le sept août, à neuf heures du malin, son mari lui ferma les yeux. Sa douleur fut profonde, parce qu'elle ne fut pas bruyante. Ses amis s'associèrent à son deuil, pleurèrent avec lui, et accompagnèrent à sa dernière demeure lo corps de celle dont ils avaient pu apprécier la piété, la douceur et lo dévouement.
Calvin courba la tête sous le coup qui le frop()ait; celui qui l'eût vu quelques jours après, vaquant comme jadis aux travaux do son ministère, eût pu croire do lui ce que croient encore ses ennemis; mais quand cet hommo austère, qui paraissait étranger aux afl'eclions d'ici-bas, rentrait dans sa maison privée de la présence do celle qui y répandait la vie, il savouraiU'amerlume de l'isolement. Dans ce moment do vide complet, bien des larmes ont coulé au souvenir d'idelette. lit certes, ce doit être uneietlre baignée de pleurs que celle dans laquelle il disait à Viret : «J'ai perdu l'excellenle compagne de ma vie.cellequinem'a jainais quitté, ni dansl'exil, ni dans la misère, ni dans la mort. Tant qu'elle a vécu, ello a été pour moi une aide précieuse, ne s'occupant jamais d'elle-