‹ Histoire de la réformation françaiseChapitre 138 sur 149 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Los afflictions fortifièrent les Eglises, qui sentirent lo besoin de se rapprocher et do ne faire de tous leurs membres épars qu'un seul et même corps. Ce fut uno grande pensée dont les conséquences furent incalculables, et à la réalisation de laquelle le protestantisme doit de n'avoir pas péri au milieu des persécutions violentes qui, )/cndant près de deux siècles, furent son pain quotidien. Des agents visitèrent les Eglises, s'abouchèrent avec leurs conducteurs, et après des difficultés nombreuses, toutes heureusement surmontées, des députés de plusieurs comnîunautés purent se réunira Paris. Ie26 mai 1559. C'était tout à la fois hardi et prudent : hardi, la capitale s'était toujours distinguée par son ardeur à brûler les hérétiques; prudent, un synode assemblé dans toute autre ville n'eût pu s'y tenir sans danger.

La première idée de la tenue de cette assemblée eut lier

en 1558. Le pasteur Antoine de Chandieu avait été en« voyé par les fidèles de la capitale à ceux do Poitiers, pour le règlement de quelques affaires intérieures concernant la communauté protestante de cette ville. L'époque oîi il arriva était celle oh la Cène devait être célébrée; elle le fut dans une réunion à laquelle assistaient plusieurs ministres des localités voisines. Après le service religieux les pasteurs se réunirent et s'entretinrent, tant de la doctrine qui était enseignée dans leurs paroisses respeclives, que de la discipline qui y était observée. Sans qu'il y eût rien de prémédité, on sentit instinctivement combien il serait bon que toutes les Eglises do France fussent reliées entre elles par une foi et une discipline qui leur fussent communes. Cette idée leur parut belle, et sa réalisation commandée par la situation. Antoine de Chandieu fut chargé, séance tenante, de la communiquer à son troupeau. Quelques mois après, l'idée se transforma en fait ; des députés de plusieurs Eglises se réunirent à Paris pour mènera bonne fin cette grande œuvre; le pasteur François de Morel les présida. '

Les débats furent longs, mais fraternels; et d'un corn» mun accord, les députés signèrent, le 29 mai 1559, leur célèbre confession de foi dont voici leTésumé :

1° Ils confessent un Dieu créateur, auteur et dispensateur de toutes choses ;

2° Ils posent comme seule et unique autorité, en matière de foi, la sainte Ecriture ; rejettent les livres apocryphes et reçoivent les trois symboles, savoir : celui des apôtres, de Nicée et d'Athanase, non comme procédant d'une autorité infaillible, mais comme conformes à la sainte Ecriture ;

S" Ils confessent un Dieu on trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit; rejettent de leur communion les ariens, les pélagiens, condamnés parles anciens conciles, et les docteurs de l'Eglise primitive;

• Dix Eglises, outre celle de Paris, y furent représentées. Ce furent celles do Cliàtellerault, Saint-.lean-d'Angely, Saintes, Tours, Marennes , Orléans, Angers, Poitiers, Dieppe, Saint-Lô. Les aiUres ne purent s'y faire représenter à cause des difficultés qui étaient immenses.

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