DU PREMIER VOLUME
Note I, page B.
11 suffit de mettre les enseignements particuliers de l'Eglise romaine en présence des enseignements apostoliques, pour se convaincre que Home s'est efforcée de renverser par ses traditions la doctrine chrétienne. — Voir le célhhrQ Abrégé des Conlrovciscs de Drelincourt.
Note II, page S.
On Ut dans le Hiéâtre de l'Antéchrist de Vignier:
« En somme, la matière et la forme de la lithurgie est empruntée des anciens payens; car les payons adoraient les hommes morts, lesquels ils estimaient avoir été transférés au nombre des dieux et leur attribuaient divers offices, diverses charges sur les humains, soit pour les sciences, soit pour les actions de la vie humaine, soit pour les maladies. Qui est cela même qui se pratique en la papauté. Comme Arnobe reprochait jadis aux payens qu'ils se forgeaient des dieux, les uns charpentiers, les autres drapiers, matelots, ménétriers, chasseurs, gardeurs de bétail ; que l'un était musicien, l'autre servait de sage-femme, l'autre savait deviner, l'autre était médecin, l'un présidait à l'éloquence, l'autre se mêlait du métier des armes, l'autre forgeait: aussi voyons-nous le même aujourd'huy. LesBibyloniens avaient Bel pour dieu luiélaire ; les Egyptiens Isis et Osiris;
NOTES
les lihodiens le Soleil ; Delphes, Appolon ; les Romains un dieu dont le nom ne se nommait point; Athènes, Minerve; Ephiise, Diane. Aujourd'huy la France a saint Denis et saint IMichel ; l'Espagne , saint Jacques; l'Allemagne, saint Georges; Rome, saint l'ierre et saint Paul ; Venise, saint Marc, etc. Combien que ces royaumes et villes, si nous croyons à Friol de Locres, sont dans la protection particulière de la sainte Vierge Marie. Assavoir : l'Espagne, parla promesse que la Vierge en a faite à saint Jacques; l'Italie, parle choix qu'elle a fait de sa demeure, y transportant sa ciiarabre à Lorette. Outre que (comme il rapporte de Bosius par uu exécrable blasphème) ce que l' Italie a été délivrée de la lyranie des Gots, ce que les Ariens h''réliqncs ont été chassés d'icelle. est du à la j'I/rre de Dieu : L'Allemagne, à cause delà mullituile des temples qui y sont dédiés à la Vierge, et que plusieurs villes et jirinces la peignent en leur monnoie : La France, par le témoignage même du cardinal de Joyeuse, lorsque étant à Noire-Dame de Lorelle il y ordonna quarante heures de prières, et célébra solemnellement le service divain ; joint que Paris, Lyon et autres villes lui sont spécialement consacrées. Les Gentils constituaient certains dieux des éléments : Jupiter, du feu; Junon, de l'air; Tellus , de la terre; Neptune, de la mer ; au lieu desquels les papistes ont sainte Agathe pour le feu, saint Nicolas pour la mer. Le vin était recomendé par les payens à Bacchus, les blés à Cérès : aujourd'huy, ils sont remis à la garde de saint Josse et de saint Urbain. Jadis Appolon et Pan présidaient sur le bétail ; aujourd'huy saint \'andelin a cet office pour les brebis, saint Euloge pour les chevaux, saint Péiage pour les bœufs, saint Antoine pour les pourceaux. Les sciences et les arts avaient leurs dieux assignés. Appolon, Minerve et les Muses pour les lettres , Vulcain pour les forgerons et maréchaux, Esculipe pour les médecins , Mars pour les gens d'armes, Diane pour les chasseurs, Vénus et Flora pour les courtisanes, en la place desquels, sainte Catherine et saint Grégoire; sont les patrons des lettres, saint Luc des peintres, saint Come et Daniien des médecin?, saint Eloi des maréchaux, saint Eustache des chasseurs. Les payens avaient aussi leurs médecins des malad'es particulières, comme Appolon pour la peste, Hercule pour le mal caduc, Lucine pour les doideurs de l'enfantement, en la place desquels on a mis saint Sébastien et saint Rocli pour la peste, sainte Pélronille pour la fièvre, saint Jean et saint Valentin pour le mal caduc, sainte Marguerilte pour les accouchements; jusques-lh qu'on n donné à chaque saint à gouverner l'un des membres du corps hu- Tuain, comme les astrologues les assignent aux douze signes du Zodia(iue, car sainte Oltilie gouverne la tète, sainte Catherine garde la langue, sainte Appoline guérit le mal de dents, saint Biaise prend le col à sa charge, saint Laurent le dos, l'échiné et les épaules, saint Erasme le ventre et les entrailles, ainsi des autres : tellement que
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fomme l'Eternel criait contre son peuple : Oh ! Juda tu as autant de dieux que de villes! cl loi Jérusalem lu as dressé autant d'anlels aux choses honteuses que tu as de rues I AiUanl en pouvons-nous (lire (le ceux de l'Eglise romaine. » (Vignier, Théâtre de l'Anlé- Christ, 2" partie, chap. xxv, pages 580 et suivantes.)
On lit dans le même auteur :
« Lespayens adoraient les images, les unes desquelles ils disaient 'Mre tombées des cieux, comme le Paladium, les autres faites de mains d'Iiommes. De même font les papistes ; car ils ont des images qu'ils disent être venues des cieux, comme celle de Notre-Dame- :ie-Liesse, laquelle ils assurent avoir élii, par la Vierge Marie même, .'Mxompaguée d'une bande de saints anges, apportée du ciel à trois Trères prisonniers au Caire, ei de là transportée par eux en Fr.ince, et celle de Notre-Dame de Montserrat laquelle fut trouvée en la grotte d'une montagne par l'indice d'une lumière céleste et du chant mélodieux des anges qui la servaient là avant que les hommes lui rendissent honneur (si vous croyez les contes qu'ils en font) ; car ces gens ne se contentent pas d'être idolâtres, s'ils ne font aussi tet outrage aux anges de les estimer semblables à eux. A ces images là se rapportent aussi celles qu'ils disent avoir été miraculeusement faites et qu'ils n'ont en moindre révérence qu3 si elles étaient descendues des cieux; entre lesquelles est très célèbre celle qu'ils disent que Notre Seigneur Jésus-Christ lui même portant sa croix imprima en un linceuil de la Véronique, laquelle se garde à Rome, au temple de Saint-Pierre, dont voici la légende entière, selon qu'elle est récitée par Friol de Locres, paroles do Matthieu Wesmontier:
» Tibère, dit-il, étant atteint d'une grave maladii; de lèpre, on lui rapporta qu'il y avait à Jérusalem un médecin qui guérissait toutes maladies par sa seule parole, ne sachant point que Pilate et les Juifs l'eussent mis à mort. Il dit donc a Volusian son familier: « Vas-t'en promptemenl de là la mer et dis à Pilate qu'il m'envoie ce médecin qui me rende ma première santé, m Comme il fut venu à Pilate et lui eut déclaré le commandement de l'empereur, Pilate épouvanté demanda délai de quatorze jours, durant lequel temps, comme Volusian eut interrogé une certaine matrone qui avail été familière de Jésus, nommée Véronique, oii on pourrait trouver Jésus-Christ, elle dit : « Hélas ! c'était mon Seigneur et mon Dieu, lequel Pilale a condamné et commandé de crucifier, comme il lui eut été livré par envie. » Alors Volusian fort dolent dit : « J'en suis fort fâché, parce que je ne puis acuoiniilir ce que mon maître a commandé. » Auquel Véronique répondit : « O^iand mon Seigneur pliait de çà de là prêchant et que j'étais privée de sa présence malgré mii, je voulus me faire peindre l'image d'icelui, afin que lorsque je serais privés de sa présence j'eusse consolation par la figure de
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son image. Et rornine je portais im liiiceuil au peintre pour le peindre, le Seigneur me vint au devant et me demanda où j'allais ; Auquel comme j'eusse déclaré la cause de mon voyage, il me demanda le drap et me le rendit marqué de sa véritable face; si donc ton maître regarde dévotement son image, il sera incontinent rerais en santé. » A laquelle il dit : « Une telle image se peut-elle acheter par or ou par argent? » A quoi elle répondit : « Non; mais par une sérieuse airection de dévotion. Je m'en irai donc avec toi et porterai à César l'image pour le voir, et puis retournerai. » Volusian donc s'en vint à Home avec Véronique et dit à l'empereur Tibère : « l'ilate elles Juifs ont livré à mort Jésus que tu désirais voir et l'ont crucifié par envie; mais une certaine matrone est venue avec moi, qui apporte l'image de Jésus, laquelle si lu regardes dévotement, tu seras aussitôt remis en santé. » L'empereurdonc fit tendre la rue de draps de soie, et commanda qu'on lui présenta l'image, lequel incontinent qu'il l'eut regardée recouvra sa première santé. » « (Jiie si vous dilcs que la bourae est belle, de Locres vous l'avouera lui même, qui condul ce conte par ces mois ; Hoc a me ne qua>re leclor: Nu m'en demandez pas caution, 6 lecteur, et la commence par ceux cy : Somnio proximum itaio : J'estime que c'est chose qui approche d'un songe. »
» D'avantage comme Arnobe se moquait jadis des diverses figures nue les payens donnaient à leurs dieux pour les reconnaître les uns d'avec les autres, car ils peignaient Jupiter Araon avec des cornes de bélier, Saturne avec une fuuh. Mercure comme un messager équipé pour faire voyage, Vénus toute nue, Vulcain avec le marteau et les enseignes d'un forgeron, Appolon avec la harpe faisant le ménétrier, Neptune avec un trident ou fourche à trois pointes; aussi les papistes font de même de leurs saints ou de leurs peintures ordinaires, peignant Jloïse avec des cornes, saint Jean avec un calice, saint Jacques avec un bourdon, saint Paul avec une épée, saint Pierre avec deux clefs, saint Genest avec un violon, saint Antoine avec son pourceau, et ainsi des autres, tant les hommes se jouent en la forge de telles images et aux noms qu'ils leurs donnent, comme ainsi soit que vous leur oticz leur équipage vous en ôtez toute connaissance; un Dieu se prendra pour un autre, et chacun d'eux pour son compagnon. A quoi nous pouvons ajouter que comme souvent les payens adoraient leurs Dieu^ sous l'image et porlraitde certains héros, ou même de quelques infâmes prostituées, comme on lit que Phidias tira l'image de Jupiter Olimpien sur son mignon Pantai'cès, et Praxitelle celle de Vénus sur la courtisane Phriné; de même n'y a t'il point de doute que les peintres nujourd'iuiy n'en fassent autant pour les tableaux de leur Notre- Dame, la Madelaine et autres saintes. Antoine Guevare, prêcheur et chroniqueur de l'empereur Charles-Quint récite en une siene cpîlre de clon Henry Uenriquez, qu'il avait, eu sou oralci-o trois
NOTES
tableaux de trois femmes excelleraent belles et bien portraites, avec ces écritaux : Sainte Lamie, sainte Flore, sainle Lais, noms de trois anciennes et très célèbres courtisanes payennes, lesquelles ioutesfois ce seigneur priait tous les jours disant certains Ave Maria Et certes nous avons vu souvent aux jours de la fête du Sacrement, sur les autels qu'ils dressent au milieu des rues, des tableaux peu décents tirés des maisons particulières devant lesquels In peuple ne laissait de s'agenouiller. » [Vignier, ch. 25, page 592 etsuiv.).
DES ÉTATS, MAITRISES, CORPORATIONS ET MÉTIERS AYAKT CHACUN LEUR SAINT PATRON ET JOUR DE FETE.
Les artilleurs ont pour patron sainte Barbe, le 4 décembre. Les avocats, saint Yves, le 20 mai.
Les avoués, le même saint Yves.
Les bouchers, saint Antoine, palriarchc des cénobites, le 17 janvier.
Les boulangers, saint Honoré, le IG mai, et parfois saint Michel, le 29 septembre.
Les bourreliers, saint Eloi, le i" décembre.
Les cabaretiers, saint Laurent, le 10 août.
Les cardeurs, sainte Madelaine, le 22 juillet (sans doute à cause de leurs amas de laine).
Les carrossiers, saint Eloi, le 1" décembre.
Les chandeliers, la Purification, le 2 février,
t'es chapeliers, saint Jacques, le 25 juillet.
Les charcutiers, saint Antoine, le 17 juillet.
Les charpentiers, saint Joseph, le 19 mars.
Les charrons, sainte Catherine, le 25 novembre.
Les chasseurs, saint Hubert, le 3 novembre.
Les chirurgiens, saint Côme et saint Damien, le 27 septembre.
Les compagnons du Devoir, saint Jacques, le 25 juillet.
Les confiseurs, la Purification, le 2 février.
Les cordonniers, saint Crépin et saint Crépinien, le 25 octobre.
Les corroyeurs, saint Simon et saint Jude, le 28 octobre (ces deux saints vont ensemble).
1 Litre i des Épitrcs dorées de Guevarc.
NOTES
Les couvreurs, l'Ascension.
Les cuisiniers, saint Laurent, le iO août, et parfois saint Just, le 22 septembre.
Les drapiers, saint Biaise, le 3 février.
Les écoliers, saint Nicolas, le 6 décembre.
Les enfants, les saints Innocents, le 28 décembre.
Les éperonniers, saintGilles, le l^' septembre.
Les épiciers, la Purification, 2 février.
Les faïenciers, saint Antoine de Padoue, le 13 ji. in.
Les femmes mariées, sainte Barbe, le 4 décembre.
Les ferblantiers, saint Eloi, le i" décembre.
L( s fdles, sainte Catherine, le 25 novembre.
Les fripiers, saint Maurice, le 22 septembre.
Les grèneliers, saint Antoine, le 17 janvier.
Les forgerons, saint Eloi, le décembre.
Les guerriers , saint Georges, le 23 avril, et saint Maurice, le 2Î septembre.
Les imprimeurs, saint Jean-Porte-Latine, le 6 mai. Les incendiés invoquent saint Donat, le 5 août. Les jardiniers, saint Fiacre, le 30 août.
Les laboureurs, saint Isidore, le 10 mai, ou saint Eloi, le 1" décembre.
Les lanterniers (fabricants de lanternes), saint Clair, le 4 novembre.
Les lavandiers, saint Blanchard (nous ne trouvons point ce nom dans Godescard; mais nous y trouvons saint Diane, le 10 août.)
Les libraires, saint Jean-Portc-Laline, le 6 mai.
Les maçons, les Quatre-Couronnés, le 8 novembre.
Les maîtres d'armes, saint Micliel, le 29 septembre.
Les maquignons, saint Louis, le 25 août.
Les maréchaux, saint Eloi, le 1" décembre.
Les mariniers, saint Nicolas, le 6 décembre.
Les ménétriers ou joueurs de violon, saint Genest, le 6 août.
Les menuisiers, sainte Anne, le 27 juillet.
Les meuniers, saint Martin, le 11 novembre, et selon qnelqnes autres saint Benoît, le 25 mai, eiifin selon d'autres, saint Vaast, le 6 février.
Les musiciens, sainte Cécile, le 22 novembre.
Les nattiers, la Nativité, le 23 décembre.
Les notaires, saint Jean-Porte -Latine, le 6 mai. . Les orfèvres, saint Eloi, le i" décembre.
Les papetiers, saint Jean-Porte-Latine, le 6 mai.
Les pâtissiers, saint Michel, le 29 septembre, et parfois saint Louis, le 25 août.
Les paveurs, saint Roch, le 16 août.
Les peigniersou fabricants de peignes, sainte A:ine, le 27 juillet.
NOTES
Les peintres, saint Luc, le 18 octobre. Los perruquiers, saint Louis, le 23 août.
Les pharmaciens ou apothicaires, saint Côme et saint Damicn, L> 2" septemhre.
Les philosophes, sainte Catherine, le 23 novembre.
Les plâtriers, les Quatre-Couronnés, le 18 no\embre.
Les pompiers,, saint Laurent, le 10 août.
Les prisonniers invoquent saint Léonard, le 6 novembre.
Les relieurs, saint Jean-Porte-Latinc, le 6 maL
Les rôtisseurs, l'Assomption, le 13 août (est-ce ab a.ssanJQ, gérondif d'assare qui signifie rôtir?).
Les savetiers, saint Crépin et saint Crépinien, le 23 octobre.
Les sculpteurs, les Quatre-Couronnés, le 18 novembre.
Les serruriers, saint Pierre-ès-liens, le août.
Les tailleurs, Notre-Dame du 8 septembre , la Sainte-Trinité, le l 'i juin.
Les tanneurs, saint Simon, saint Jude, le 28 octobre. Les teinturiers, saint Maurice, le 22 septembre. Les tonneliers, sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet, et en l'rj- Tence, saint Jean-Porte-Latine, le 6 mai. Les tourneurs, sainle Anne, le 27 juillet. Les vanniers, saint Antoine, le 17 janvier. Les verriers, saint Clair, le 4 novembre.
Les vignerons, saint Vincent, le 22 janvier, et chez d'autres, saint Martin, le 11 novembre.
Les vinaigriers, saint Vincent, le 22 janvier.
Les tisserands, saint Simon et saint Jude, le 28 octobre.
(Extrait de l'ouvrage intitulé : PiœJtcatoriana, par G. P. Piâlomneste. — Dijon, 18V, Victor Lagier, libraire-éditeur.
Noie III, page 6.
Xi' SIÈCLE.
n Le clergé, un des asilesdes lettres en ces siècles iguoraats et barbares, se ressentait horriblement de la corruption des laïcs. Comme ceux-ci, les ecclésiastiques portaient les armes et allaient à la guerre. On exerçait les fonctions de clerc sans en porter l'habit ni la tonsure, et souvent san-s avoir ni science ni capacité. Les chanoines et quelquefois les moines quittaient leurs monastères pour passer à d'autres où l'on vivait sans règle. V.'usiirc était commune, et au moyen de quelque somme d'argent les plus grands pécheurs trouvaient des prêtres qui leur donnaient aisément l'absolution;
NOTES
mais ce qu'il y a de plus déplorable, la simonie avait gagné partout, et le C07icubinage des clercs était tout public et avait passé en coutume. Les bénéfices étaient devenus héréditaires dans les fnniillcs, les enfants succédant aux pères. Les évèques, abbés, archidiacres, les simples clercs se supplantaient l'un l'autre; quelquefois on vendait les évêchés du vivant des évèques; d'autres fuis, les seigneurs les léguaient à leurs femmes par testament. On comprendra encore mieux le tort que la simonie fil aux études par un trait rapporté par Yves de Chartres : Un siraoniaque dont les seniiments n'étaient que trop suivis des autres, disait liantement qu'il n'avait que faire des bons ecclésiastiques, ni des canons, parce qu'il avait tout cela dans sa bourse. Ce n'était pas seulement de simples prêtres ni des clercs inférieurs qui se mariaient publiquement, des évèques le faisaient eux-mêmes, surtout en Normandie, et mariaient ouvertement leurs enfants, en donnant à leurs filles leur dot sur les terres de leurs évêchés et quelquefois leurs bénéfices même.
» Tant de désordres, joint au débordement d'erreurs dont on parlera dans la suite, s'élevèrent alors en France et firent croire que c'était l'accomplissement de la prophétie de saint Jean l'Evangéliste, marquée au XX" chapitre de son Apocalypse, oîi on lit que Satan sera lâché après mille ans. Ce qu'il y a de bien vrai, c'est que tous ces malheurs jetèrent l'Eglise gallicane dans une désolation (pii faisait gémir hautement saint Fulbert, évêque de Chartres, qui la voyait de ses propres yeux, désolation qui lui paraissait si grande, qu'il n'y voyait presque point de remède. » {Histoire littéraire de la France, commencée par des religieux bénédictins de la congré;!,afion de Sainl-Maur, et continuée par des membres de l'Institut, Académie royale des inscriptions et balles- lettres , tome VII, page 5.)