‹ Histoire de la réformation françaiseChapitre 145 sur 149 · III' SIÈCLE · texte numérisé non relu

III' SIÈCLE

« II ne faut pas s'imaginer, au reste, qu'avec tous les avantages que nous venons de marquer les lettres ne trouvassent aucun obstacle ? leurs progrès; elles en rencontrèrent même plusieurs, dont le plu( difficile à vaincre fut une indolence ou une insensibilité de la par( du plus grand nombre des laïques et môme de plusieurs clercs i sortir de leur ignorance. C'est de quoi Pierre, le vénérable abbé de Cluny, dans une lettre à la savante Héloïse, se plaint amèrement à l'égard des premiers. Insensibilité qui avait sa source principale dans la négligence des parents et celle des pasteurs. Les uns, tout absorbés dans leurs affaires temporelles, ne prenaient aucun soin de faire instruire leurs enfants, non pas même de leur donner les premiers principes de la religion, ce qui aurait pu letrr inspirer la désir d'en apprendre davantage; les autres, ne songeant qu'à jouir des revenus cl des honneurs attachés à leurs bénéfices, pas-iaicnldos

NOTES

années entières sans donner la moindre instruction au peuple confié à leurs soins. D'ailleurs on n'avait pas toujours égard à la science et au nicrile dans la- promotion aux dignités ecclésiastiques. On les conférait trop souvent à des enfants qui n'avaient ni lettres, ni d'autre mérite que celui de leur naissance, comme s'en plaint saint Bernard en plus d'un endroit, et qui étaient moins aises de s'j voir élevés que de se voir affiancliis de la férule. Aussi l'unique but d'un grand nombre d'enfants et de plusieurs adultes dans leurs études était d'avoir, par là, entrée dans l'Eglise et d'y être promus successivement aux grades ecclésiastiques. Qu'arrivait-il ensuite 1 Celte sorte de clercs, étant parvenus nu point qu'ils se proposaient, préféraient à l'élude qu'ils n'avaient point cultivée par goût les fausses délices de leur prospérité. Ils croyaient eu savoir assez cl il arrivait même qu'ils oubliaient le peu qu'ils avaient appris. De sorte qu'élant obligés de paraître dans les assemblées ecclésiastiquês et d'y parler à leur tour, ils passaient pour des ignorants, tels qu'ils étaient en effet. 11 est aisé de comprendre par là qu'il se trouvait des prêtres même qui savaient à peine les premiers principes du latin, comme l'assure Guibert, abbé de Nogent »(IIislûire littéraire, tome IX, page 10.)

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