‹ Histoire de la réformation françaiseChapitre 16 sur 149 · UVRE I · texte numérisé non relu

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ont échoué contre l'opiniâtretc du moine. Il pourrait l'accabler, mais son cœur, paternel comme celui du ClT'ist, préfère la conversion du pécheur à sa mort. 11 ouvre donc ses bras à l'enfant prodigue; mais si cet enfant prodi^'ue ne .se repent pas de ses péchés, Léon cessera d'être père; il .sera juge.

Le pape lixe à Luther un délai de trois fois vingt jours pour rétracter ses erreurs et brûler les livres qui les contiennent. Si, passé ce délai, le nloinc ne s'est pas rétracté, il le soumet, lui et ses adhérents, à toutes les peines de droit; défend aux fidèles de les fréquenter et de les recevoir; interdit les lieux où ils .se retireront; ordonne aux nulorités de leur courir sus, de se saisir do leurs personne.^!, de les dénoncer héréti(]uos, et de publier partout sa bulle, sous peine d'excommunication contre ceux qui y mettraient obstacle.

Le docteur F.ck, qui à Lcipsick avait défendu contre Luther la cause de l'Eglise romaine, fut chargé par le pape de porter sa bulle en Allemagne. Nul mieux que lui ne méritait cet bonneur : il s'en acquitta avec tout le zèle d'un homme de parti et toute la haine qu'il portait à Luther, dont il avait reçu de cruels afTronts. Partout il fil afficher la bulle, et partout où il le put; il fit brûler les écrits de frère Martin. La présence du docteur répandait partout l'épouvante et l'ellroi; la bulle faisait l'effet d'une trombe. A peine le moine saxon l'eut-il lue, qu'il bondit de colère et saute sur ses armes. 11 ne s'effraye ni de la faiblesse, ni de la force de son ennemi; il ne regarde qu'à la sainteté de la cause qu'il défend. Peu soucieux des dangers que court sa vie, (|ui ne lui est précieuse que s'il la dépense au service de son Dieu, sa réponse à la bulle de Léon X est bientôt faite. Luther y est tout entier.

« On m'apprend qu'une bulle a été lancée contre moi : le monde la connaît, elle n'est pas venue jusqu'ici. Peut-être que, fille de la nuit, elle aura eu peur de me regarder en face... Enfin, il m'a été donné de la voir, cette chouette, et dans toute sa beauté. En vérité, je ne sais si les papistes se moquent de moi. Non, ce ne peut être que l'œuvre de Jean Eck, cet homme de mensonge et d'iniquité, ce damné d'hérétique...; ce qui ajoute à ;nes soup-

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çons, c'est qno ce Eck vient do Rome. ]VA npôlrc, bien digne d'rn tel apostolat!... Il y a quelques jours j'avais entendu dire qu'on préparait dans la ville une bulle, bien méchante à l'inslignlion de ce bourreau d'F.rk, qui y a répandu son style et sa bave. .. Celui qui a écrit ; tUe bulle, je le liens pour l'Antéchrist; je la maudis comme une insulte et un blasphème contre le Fils de Dieu. Amen. Je reconnais, je proclame en mon àmo et conscience comme vérités les articles qui y sont condamnés; je voue tout chrétien qui la recevrait, cette bulle infâme, aux tortur(!s de l'enter. Je le tiens pour païen, pour l'Antéchrist en personne. Amen. Voilk comme je me rétracte, moi. Bulle, fille d'une bulle do savon; mais dis-moi donc, ignorantissime Antéchrist, tu es donc bien bètc pour croire que l'hiimanilé va se laisser cffiayer! S'il suffisait, pour condamner, de dire : ceci me déplaît, non je neveux pas; mais il n'y a pas de mulet, d'âne, do taupe, de souche, (|ui no pùt faire le méfier de juge. Quoi ! ton Iront de prostituée n'a pas rougi d'oser ainsi avec des paroles do fumée se prendre aux foudres de la Parole divine !... »

« On dit souvent, continue Luther, que l'âne chante mal parce qu'il entonne trop haut. Cette bulle ev^t bien mieuxchanté, sid'abordeHen'avnit posé sa bouche de blasphème contre le ciel... Ah ! bullistes, vous ne tremblez pas que la pierre et le bois ne suent du sang à l'ouïe des blasphèmes (]ue vous vomissez ! Où ètes-vous donc, empereurs? où êfes-vous, rois et princes de la terre;? Vous avez donné votre; nom à Jésus dans le baptême, et vous souffrez cette voix tartaréenre de l'Anléclirist? Où ètesvous, cvcques? vous tous qui prêchez le christianisme, gardercz-vous le silence devant un tel prodige d'impiété?

1) Malheureuse Eglise, devenue le jouet et la proie do Satan ! Misérables, qui vivez dans ce siècle ! voici la colère de Dieu sur tout ce qui a nom papiste. Léon X, et vous, nos seigneurs les cardinaux romains, écoulez, je vous le dis en face : si c'est vous qui avez enfanté cette bulle, si vous l'avouez comme votre œuvre, j'use, moi, de la puissance que Dieu m'a faite au baptême en m'instituant son fils et son héritier. Appuyé sur ce roc (|ui ne craint ni les portes de l'enfer, ni le ciel, ni la terre, je vous le répète, revenez à Dieu, renoncez à vos sataniques blasphèmes

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contre Jésus-Christ, et tout de suite. Autrement, sachezle bien, le Christ vit et lèfrne encore. Voici venir le Seigneui qui d'un soulfie de sa bouche dissipera cet homme d'iniquité, ce fils de psruition. Si le pape a écrit cette bulle, je le proclame l'Antéchrist venu pour bouleverser le inonde. »

C'est ainsi qu'écrit et que parle Luther. 11 va droit au but, et n'épargneà SCS adversaires ni l'insulte ni l'outrage. Tout en dé[)lorant ses écarts, il no faut oublier ni son époque, ni les puissants adversaires qui l'attaquent. Le temps, qui verse l'oubli sur ce qui ne mérite pas do passera la postérité, enregistre toujours ce qui en est digne. Le 10 décembre 1520 demeurera un grand jour et une date immortelle dans la vie du réformateur.

Ce jour-là toute la ville de Witlemberg, comme au temps des grandes solennités, était en émoi : la vieille basilique regorgeait de fidèles; à l'une des portes de la cité un bûcher était dressé. A l'heure indiquée, au son du bourdon lancé à toute volée, Luther descend de la chaire de la calhédr.ile, suivi des professeurs et des écoliers; il sedirige vers le bûcher, il l'allume, et le liordi docteur y jette la bulle de Léon X, la Somme de saint Thomas, les Décrétales des papes et les écrits d'Eck. Ce jour-lù, comme Fcrnand Corlcs, il brûla ses vaisseaux. Il fallait vaincre ou périr; Luther vainquit.

Quand le pape apprit que Luther avait brûlé sa bulle, sa colère ne connut plus de bornes. Un moine osait lui résister h la face du ciel, et livrer dédaigneusement ses foudres aux flanimesd'un bûcher ! c'était trop d'audace, l'ar une nouvelle constitution du 5 janvier 1521, il l'anathéniatisa lui et ses sectateurs. L'Eglise avait fait son devoir; c'était maintenant au bras séculier à faire le sien. Après la parole, le glaive; après la douceur, la force. Rome était conséquente avec elle-même.

C'en était fait de Luther, s'il n'avait pas été entouré de princes intelligents qui, éclairés sur les abus de la papauté, encourageaient, les uns publiquement, les autres en secret, le frère Martin, qui comparut, le 15 avriU521, devant la dièle de ^\■ornls. Janiiiis témoin de Jesus-Chi ist n'eut un auùitoiie plus iiiipo.s;;ut. Le jeune Cliarles-QuiiU

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présidait l'assemblée, qui ne se composait que de rois, de princes, de ducs, do barons, d'archovùiiues et de prélats. Le moine ne fut pas au-dessous de sa tâche: il confessa noblement et hardiment son Sauveur. Somme de rétracter ses erreurs, il répondit à Charles-Quint : « Puisque Votre Majesté et vos dominations demandent une réponse simple, je la ferai; elle ne sera ni dentée, ni cornue; la voici : A moins qu'on ne me convainque d'erreur par le témoignage de l'Ecriture ou de l'évidence, je ne puis ni ne veux me rétracter; car je ne crois pas à la seule autorité du pape et des conciles qui, si souvent, ont erré et se sont contredits : je ne reconnais d'autre maître que la Parolo de Dieu. »

Tous les efforts du célèbre cardinal Méandre échouèrent devant la fermeté de Luther qui, oubliant tout danger et se confiant en Dieu, ne voyait qu'une seule choso véritablement grande: la sainte Ecriture. C'était elle qui le soutenait et lui donnait ce courage calme, mais indomptable du chrétien, que ses ennemis ont qualifié d'audace, parce qu'ils ne connaissaient pas la source ofiil lo puisait.

Dans cette fameuse diète doWorms.la figure de Luther domine toutes les autres, mémo celle de Charles-Quint. Les puissances de la terre pâlissent devant la royauté do la pensée; jamais la force ne parut plus faible. Charles- Quint ne voulut pas violer lo sauf-conduit qu'il avait accordé au réformateur: il résista aux prières de ceux qui voulaient le faire manquer à sa parole royale. Peu désireux d'associer sou nom à celui do Sigismond, il ferma l'oreille aux plaintes d'Aléandro et des prélats "romains plus confiants dans un bûcher que dans leur élotiuence. Cependant le 8 mars 1.52t il publia dans la dièlcde Worms nn édit impérial contre Lullier, pour être misa exécutioa au bout de vingt jours.

Par cet édit, il déclare tenir Luther pour hérétique notoire, et commande à tous les Etats de l'empire de lo tenir comme tel; délendantà tous de le recevoir et de lo proléper en aucune façon; ordonne à tous les princes de U cour, sous les peines accoutumées, do lo [irondro et empriboniier, après le terme de vingt jours expiré, et do poursuivru lûuii sGscotuplicois, odhéruiUâ ot laulours, les dépouilier

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de tous leurs biens, meubles et immeubles, suivant l«s lois et constitutiotisTie l'empire ; il défend encore de lire et do frarder aucun de «os livres, quand même il y en aurait quelqu'un oiîi se trouveraient de bonnes choses : car on rejette les mets les plus délicats dès qu'on les soupçonne infectés d'une goutte de venin. D'ailleurs, ce qui peut se trouver de bon a déjà été dit et répété par les saints Pères, et peut s'y lire sans péril. Il ordonne donc aux princes et aux magistrats de les brl!iler et de les abolir entièrement, et comme il s'est fait et imprimé, en divers endroits, des abrégés de ses livres, il défend absolument de les réimprimer, comme aussi de carder aucune de ses estampes et images inventées pour rendre odieux et ridicules non-seulement des personnes privées, mais encore îe pape, les prélats et les princes. Il commande aux magistrats de s'en saisir, de les brûler, de punir les imprimeurs et tous ceux qui en vendront ou cnachèteront. Enfin il fait une défense générale d'imprimer aucun livre en matière de foi, si petit qu'il puisse être, sans la permission de l'évêque diocésain. •

Luther, sentant tout le danger auquel il s'expo.sait en demeurant plus longtemps à Worms, en partit en triomphateur, après y être entré en accusé. Partout sur son passage il prêcha la Parole de Dieu et grossit le nombre de ses adhérents. Rome fit encore une faute, et Worms, qui devait être le tombeau do Luther, devint la chaire du haut de laquelle un simple moine parla à toute la chrétienté.

Un événement, qui a tout le sérieux de l'histoire et tout l'intérêt du roman, eut lieu pendarrt que Luther quittait Worms et se rendait à Wittemberg.il était près d'Aclenstein, quand des cavaliers armés et masqués se jetèrent snr lui, s'emparèrent de sa personne et le conduisirent dans un château solitaire perdu dans les forêts de la Thuringe. Ce château, dont on saurait à peine aujourd'hui le nom,'est devenu célèbre dans l'histoire, c'est celui de la Warlbourg. C'est là que des amis dévoués du réformateur le cachèrent pour le soustraire à la haine de ses ennemis. Après tant de luttes, il avait besoin do repos , mh

' Voyez noie V,

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une nature aussi ardente que la sienne ne pouvait en trouver que dans le travail. Il travailla donc, et de sa plume infatigable sortirent une foule de pamphlets que l'Allemagne lut avec avidité.

L'année 1521, si célèbre par les faits qu'elle a inscrits dans les annales do l'histoire, devait voir mourir Léon X : L'o pontife était cependant encore jeune; il n'avait que quarante-six ans. Rien ne faisait prévoir une fia si prématurée. Dix jours avant d'exhaler le dernier soupir, il rendait à Dieu dans Rome de solennelles actions de grâces de ce que Parme et Plaisance avaient été restituées aux Etats de l'Eglise. Le 27 novembre il se trouva incommodé; les médecins déclarèrent que l'indisposition était sans gravité: c'était un catarrhe; mais les symptômes du mal se développèrent avec tant d'intensité, que l'illustre malade fut en danger; trois jours après il expira. Il avait régné huit ans huit mois et vingt jours, et attaché son nom à l'une des dates les plus célèbres de l'histoire.

Il vit le commencement de la Réformation, mais il mourut trop tôt pour comprendre la grandeur des coups (]uo Luther avait portés à la papauté. Sa mort ne refoula })as le courant que sa vie n'aùl pas arrêté; le char était on marche; nulle main, pas môme celle d'Innocent III, n'eôt pu l'arrêter. Il y aurait eu peut-être plus de sang de s'orsé ; mais la Réforme ne s'en serait pas moins accomplie. Quoi qu'il en soit, Léon X prépara à Home l'un des plus cruels et des plus irréparables coups qu'elle eût jamais reçus. De tous les [lontifes chargés de veiller ■■-ur l'Eglise, ce fut le plus brillant et le moins capable. M manqua sa vocation. L'homme qui eût été un digne successeur de Cosme le Magnifique, fut un pauvre pape. 11 n'avait ni l'ambition qui failles grands souverains, ni le zèle religieux qui fait les grands pontifes. Il eût été partout ailleurs mieux placé que sur le saint-siége ; et quels que soient les éloges dont les artistes entourent son nom, à part sa fin paisible, il n'en sera pas moins le Louis XVI de la papauté.

La mort de ce pontile oITre une singularité qui n'a pas érhappé à l'histoire : il mourut comme un franc heréliquc, sans sacrements cl sans conlcssiou. Celui qui avait

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inondé la chrétienté de ses pardons xie s'en administra pas un seul. Ce n'est pas étonnant : le ^^ontife qui traitait le cliristianisme de fable connaissait mieux que personne la valeur do ses indulgences.

Quelque temps après sa mort, Sannazar, célèbre poète italien, fit sur lui ce distique :

Sacra sub extrcmâ si forte rcguiritis horâ Car Léo non potuit sumerc? Vendiderat. [

Pendant que Luther agilait l'Allemagne et portait do terribles coups à la papauté, un homme avait levé l'étendard de l'insurrection dans les cantons helvétiques, et, nouveau Guillaume Tell, appelait les Suisses à la liberté spirituelle : cet homme était Ulrich Zwingle, né le 1" janvier 1484, à AVikienhaus, village du haut Tockenbourg. Après avoir fait de fortes études à Berne, à Vicmne, à Bàle, où il prit le grade de maître ès arts, il étudia la théologie sous le célèbre Wittebach, professeur à Bàle. A peine âgé de vingt-deux ans, il fut nommé curé de Glaris. C'est pendant les premières années de son ministère que Zwingle fut amené peu à peu à la connaissance des vérités chrétiennes, et à cette fondamentale vérité, que c'est sur ia sainle Ecriture et non sur les traditions cléricales (ju'il faut fonder sa foi. Ce grand principe admis, le jeune curé, avec son cœur pieux, son âme ardente, sa rare intelligence et son courage de fer, ne pouvait être que ce qu'il fui : le Luther de sa patrie.

Plus indépendant de pensée que le réformateur saxon, il ne tint pas compte des quinze siècles de vie de l'Eglise. Dévoré du besoin de connaîire et de puiser aux sources originales, il apprit la langue grecque, copia de sa main les Epîtres de saint Paul et les apprit mot à mot par cœur. Un pareil homme ne pouvait demeurer fidèle aux traditions ecclésiastiques dans lesquelles il avait été

' Voiik'z-\ous savoir pourquoi T.t'nn n'a pas reçu les sacrements à l'iieure de la uiuil? 11 les a\ail \eiiJus. — Voir iioie vi.

46 HISTOIRE DE LA RÉI'ORJUTION FRANÇAISE.

(■■I(!vé, surtout quand l'apôtre Paul, du fond do sa tombe, lui (lisait (le sa voix inspirée : ((Qunn(] môme moi, Paul, ou un anj^e du ciel, nous vous annoncerions un autro Evanjfilo ([ue celui qui vous a été annoncé, qu'il soit anathèmc. » '

Nommé curé à Glaris, on ce fut seulement en

1516 qu'il commença à [)rêcher ce qui est ensei^riié dans la Bible. Naturellement il démolit ce qui jus(]ue-là avait Clé la foi de ses paroissi(Mis ; il le fit sans aigreur, sans îmertume ; et, sans efforts , son troupeau passa de la foi romaine à la foi apostoliiiuo.

Zwingle était une trop grande lumière pour que lo flambi'au qu'il teiiait à la main pût être mis sous lo boisseau. Son zèle, sa piété, son éloquence forte et énergique, tout en lui suscitant des ennemis, lui donnèrent des discifiles à l'aide des(|uels il combattit Piomo et lui arracha la plus belle partie de la Suisse.

Depuis deux ans environ il desservait la cure de Glaris, quand celle de Einsiedien lui fut offerte ; il l'accepta, afin de pouvoir ré|iandre la lumière de l'Evan-il-' -ju milieu de populations (jiii mnrcliaieul dans li!S tài, . ,es do l'ignorance et de l'erre-.ir.

Nolre-I)am(; de.« ErmiKis, à l'époque où Zwingle fut appelé à Einsiedk'i \ it le noulevard des supi rstitions ro- R-,aines en Su;,,se et le sié-ed'un grand trafic. Son sanci iirc était l'un des plus célèbresel ne le cédaiten rien à celui d(^ Notre-Dame de Lorelte. Des pèlerins y accouraient en fouhs de tous côtés, et la renommée sur ses ailes rafiidcs répandait partout la nouvelle des miracles opérés f>ar la madone. Ici, c'était un aveugle qui avait recouvro la vue; là, un paralyti(iue qui avait suspendu .ses bé- (luilles à la cliapeliede la bonne Vierge , en souvenir do sa guéri,son; celui-ci n'avait plus les eV.Toi(('//«.s, depuis qu'il s'était voué au .service de la bonne dame; celui-lii s'était converti parce ([ue la statue l'avait regardé. 11 n'était bruit que des miracles et des prodiges opérés par Notre-Dame des Ermites. De là ces caravanes de pèlerins qui, en reconiiaissance des bienfaits reçus ou à recevoir, laissaient entre les mains des prêtres, l'un sa pile, l'autro

' UuluLcs, ch. 1.

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