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généreux qui firent entendre le langage rude et austère de la vérité. Voici leurs noms :
1° Guillaume Hugues, frère de Besançon Hugues, libérateur de Genève ; '
2° Claude Savoie ;
3° Claude Dumolard ;
4" Amédée Porral.
Tel était l'état des esprits , quand Dieu amena à Genève Farel, qui devait y être le père de la Réformation avant que Calvin en devînt le législateur. Il était mûr pour cette œuvre, parce qu'il y avait chez lui un zèle ardent, modéré par un sincère amour des ûmes. Il ne luttait pas contre Rome pour la gloire de faire des protestants, mais pour colle de donner des disciples à Jésus-Christ. Cet homme convenait à l'œuvre ; un tribun politique eût toutdétruit; un apôtre fonda tout.
Ce n'est jamais sans respect et sans admiration que l'œil s'arrête sur la physionomie noble et ouverte de ce Farel, qui vient, au nom du Dieu vivant, prendre possession de cette Genève dont le nom doit briller d'un si vif éclat, et avoir sa place dans les pages de l'histoire, comme si elle eût été la capitale d'un grand royaume. Pour toute arme de guerre, l'élève de Lefèvre d'Etaples n'a que sa Bible. C'est avec elle qu'il démolira la forteresse papale, commandée par Pierre de la Baume; c'est avec elle qu'il l'en chassera, ainsi qu'une nuée de prêtres. Dans le bon combat qu'il livrera à la papauté, il ira droit à son ennemi, et ne tirera jamais dessus protégé par une embuscade; il n'ameutera jamais le peuple, mais il le rappellera sans cesse à cette vérité, que la destruction delà papauté ne doit être que le retour à la foi et à la vie des temps apostoliques. Tel sera Farel. Noble de race et do cœur, il eût pu mettre pour symbole dans ses armoiries la ligne droite.
Il n'arriva pas seul à Genève : Antoine Saunier l'accompagnait. Ils venaient tous deux des vallées vaudoises où ils avaient assisté à un synode, auquel s'étaient ren-
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dus des protestants du Dauphiné, de la Rouille, do la Calabreet de la Provence. Dans celte réunion fraternelle qui rappelait celle des temps apostoliques, ils avaient retrempé leur courage; puis, reprenant leur bâton do voyageur, ils avaient quitté les vallées pour aller annoncer ailleurs la bonne nouvelle du salut, sans savoir où Dieu conduirait leurs pas. Vers la fin de septembre, ils arrivèrent à Genève et allèrent loger à la Tour Perce. — C'est là que Robert Olivclan vint les trouver et les informa des dispositions favorables qu'un grand nombre do Genevois avaient pour l'Evangile. A celle nouvelle, le cœur do Farel fut rempli de joie; dès le lendemain de son arrivée, les partisans des idées lulliériennes vinrent lo trouver. La Bible à In main, le réformateur leur dévoila les erreurs de l'Eglise romaine, et leur montra dans la corruption du cler^ é la source de ces erreurs. Dans les paroles du missionnaire il y avait tant de conviction que les cœurs étaient profondément touchés et comprenaient (jne c'était sur la voie étroite qu'il fallait désormais marcher. A dater do ce moment, un petit lrou[ieau se serra autour de Farel. Quoique petit, il était fidèle et dévoué, et disposéà toutsouffrir plutôt qued'abandonner la foi au Dieu de l'Evangile. Les quinze membres dont il se composait devinrent quinze missionnaires qui propagèrent leur foi avec un zèle admirable. Chaque jour amenait une nouvelle conquête; chacun voulait connaître de la bouche de l'ardent missionnaire ce qu'était son enseignement ; l'hôlellerio de la Tour Perce ne désemplissait pas; elle devenait une église oh affluaient des auditeurs émerveillés et étonnés. Cela se passait en octobre 1532.
Le clergé, que le danger tenait en éveil, apprit bientôt la propagande que faisait Farel. M. de Bonmont chercha , le moyen d'étouffer l'incendie naissant. Il faut dire, à sa louange, qu'il se servit do moyens que n'emploient pas toujours ceux de son parti. Il envoya, d'accord en cela avec le petit conseil, deux députés proposer à Saunier et j Farel de venir défendre devant eux les enseignements hasardés qu'ils donnaient à la Tour Perce. t.