‹ Histoire de la réformation françaiseChapitre 7 sur 149 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Nous avons Iracô h; portrait de la papauté d'après nature, c'est-à-dire d'après les données certaines de l'iiistoire;mnis nous avons omis un fait qui la caractérise. Co fait se rapporte; au Iroj! (élèbre livre des Taxes de fa chamelUrie romaine. Ce iivie à lui seul accuse Rome plus que tous les écrits protestants. Là, clia<]ue [léché a son tarif, chaque crime son taux.

Loin de nous cependant l.'iiiéc de rendre responsable l'Kglise tout entière de la dépravation de la cour do lîome. Quoique solidaire de sa honte, elle ne participait l>as à toutes ses iniquités. Grâce à Dieu , dans ces temps d'iurnorance et de sommeil spirituel , il y avait des âmes .simples et pieu.ses qui ne marchaient pas avec la multitude. Dans CCS jours de décadence morale, il y avait des Klies, des Klisé(!s et des Sunamit(;s qui aifligeaient leurs âmes justes, comme Loth affligeait la sienne dans les villes coupables do la plaine. Parfois des femmes fer- \eutes comme Thérèse, des hommes saints comme Gerson, clevaienrla voi.\ contre l'impiété régnante. Mais, hélas! leurs voix étaient peu écoutées; maisquand de pieux prédicateurs parvenaient cependant à se faire entendre, les masses se pressaient autour de leurs chaires. Rome s'alarmait alors et combattait les protestants de cette époi|uc avec des bâillons et des bûchers. Grâce à ces moyens violents, elle fit faire silence autour d'elle et put lancer dans le monde son trop célèbre livre d(!s Taxes ik la chancellerie romaine.

La papauté répudie aujourd'hui ce livre qu'elle no pourrait plus faire, mais elle l'a lait. 11 est sorti de ses presses, et n'est au rés èque la conséejuence de sa vie, et l'acte par lequel elle a i«aj;i)/ie' ses œuvres.

Voici quelques extrait-; de cet ouvrage. Nous ne citerons que les peccadilles, laissant de côté l<!s gros péchés; nos oreilles n'en supporteraienl^pas facilement la lecture.

<c L'absolution pour celui ijui révèle la confession de quelque pénitent est taxée à sept carlins.

» L'absolution pour celui qui abuse d'uue jeune lllle est taxée à six carlins.

16 HISTOIUE DE LA RÉFOUMATlON FRANÇAISE,

» L'absoiution pour un prêtre concubinaire est taxée

à sept carlina.

» L'absolution pour un laïque coupable du même fait est taxée à huit carlins.

» L'absolution pour celui qui a tué son père, sa mère, son frÀre, sa sœur, sa femme, ou quelque autre parent ou allié, laïque néanmoins, est taxée à cinq carlins.

n L'absolution pour un laïque présent qui a tué un abbé ou un autre ecclésiastique intérieur à l'évêquo, est taxée à sept, à huit ou à neuf carlins.

» L'absolution pour un mari qui frappe sa femme do manière qu'il en survienne unavorlcmcnt ou une couche avant terme, est taxée à huit carlins.

» L'absolution pour une femme qui prend quelque remède pour se procurer l'avorlement, ou qui fait quelque autre chose dans ce dessein et (jui fait périr le fœtus, est taxée à cinq carlins.

« Le père, la mère, ou quelque autre parent qui aura étoufl'é un enfant, paiera pour chaque meurtre quatre tournois, un ducat, huit carlins.

» Celui qui a commis quelqu'un de ces crimes (sacrilèges, vols, incendies, parjures ou autres semblables (est pleinement absous, et son honneur rétabli dans toutes les formes et avec la clause inhibiloire, moyennant trente-six tournois et neuf ducats.

n L'ahsolution pour tout acte d'impureté, de (juelquo nature qu'il soit, commis par un clerc, fût-ce avec une religieuse, dans le cloître ou ailleurs, ou avec ses parents ou alliées, ou avec sa fille spirituelle, ou avec une autre femme, quelle que ce soit; soit aussi que cette absolution soit demandée ou non du clerc simplement, ou de lui ou de ses concubines, avec dispense de pouvoir prendre les ordres et tenir des bénéfices, et avec la clause inhibiloire, ne coûte que trente-six tournois et neuf ducats.

» L'absolution d'unlaïque pour crinied'adullcredonné au for do la conscience, coûte quatre tournois.

)) Une religieuse qui sera toiiili(''e plusieurs fois dans le péché de luxure aura son absolution et sera rétablie dans son ordre, quand même elle serait ubbesse, moyennant trente-six tournois, neuf ducats.

» L'absolution pour un prêtre qui tient une concubine,

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