LIVRE IV
La mort de Louis do Berquin, nous l'avons dôjh dit, porta ses fruits. Tous les lettrés voulurent savoir pourquoi la Sorbonne avait fait mourir un homme plus illustre encore par sa science que par sa noble origine. De là une recrudescence de cet esprit d'examen que le clergé avait cru pouvoir éteindre dans le sang de l'un de ses plus doctes représentants. A Orléans, à Bourges, à Rouen, à Lyon, à Toulouse, aans plusieurs autres villes, chacun commentait à sa manière le supplice du gentilhomme artésien. Le résultat de tous ces commentaires n'était pas favorable à la cause du clergé. Il redoublait donc de zclc, m.iis le zèle le servait mal, car la mort d'un luthérien devenait la vie de dix autres. Il ajoutait alors rigueurs à rigueurs, imputant à sa trop grande indulgence le [leu de succès de ses efl'orts. Décidé à arrêter le mal dans ses progrès, il résolut d'abattre toute tête rebelle, fùt-cc même la plus haute du royaume.
Parmi les victimes de son fanatisme, il en est une qui mérite une mention particulière, parce que son bûcher fait le pendant de celui do Louis de Ber(iuin. Cette victime est Jean de Caturce, professeur à l'école do droit do Toulouse.
Cet homme, aussi remarquable par sa science que par la pureté de ses mœurs, était natif de Limoux. — On ne sai t pas comment il adopta les idées nouvelles : il est' probable cependant que la lecture de la sainte Ecriture et des écrits de polémique des luthériens lui ûl trouver aux pieds de Jésus-Christ le pardon de ses péchés, dont