‹ Histoire de la réformation françaiseChapitre 95 sur 149 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Caivia et Farel, en sortant de Genève, ne secouèrent pas contre elle la poussière de leurs souliers. Ils partirent tristes, mais non décourages, et ainsi s'accompliL la prophétie do Bonnivard disant aux Genevois qui le consultaient sur l'opportunité d'une réforme : « Vous haïssez les prêtres pour être à vous trop semblables; vous haïrez les prédicants pour être à vous trop dissemblables : vous ne les aurez pas gardés deux ans que vous les renverrez à grands coups do bâton, sans les payer de leurs peines. >>'

Les deux proscrits se dirigèrent vers Berne, où ils trouvèrent peu de sympathie; ils furent mieux accueillis à Zurich, où ilsavouèrent qu'ils avaient été trop rigides, et firent quelques concessions qui n'engageaient pas la conscience; mais ils insistèrent sur la nécessité de donner à l'Eglise une disciidino. La droiture des réformateurs, l'admiration qu'inspirait Calvin, euga^èront Biillinger et ses collègues à intervenir en leur faveur auprès des magistrats genevois. Une députation composée de Zurichois se rendit à Genève pour faire annuler In décret do proscription rendu contre eux. Loin d'avoir égard à cette démarche conciliante, les magistrats confirmèrent leur premier arrêt [lar un second rendu le 26 mai 1533.

Calvin, que ce nouveau décret affligea, se retira à Bàle, où il no séjourna que quehiues jours. 11 se rendit, à Stras-

' Obiluaire des pasteurs de Genove.

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