M.VIVIFESTE DU DUC D'ALENÇON
en correspondance secrète avec le parti politique ; les hufjuenots cux-mémcs l'entouraient , en lui faisant pressentir un agrandissement d'apanage et le comté de Flandre , s'il voulait nettement se prononcer pour eux. Avant toute chose il fallait obtenir sa liberté , échapj.er à In surveillance de Catherine de Médicis. Le lo septcudjre 1375 ,â son lever, la reine-mère apprit « «jue M. le duc , (jui depuis dix-huit mois avoit esté estroitemcnt gardé et tenu comme prisonnier , estoit sorti de Paris et s'en alloit à Dreux , ville de son apanage où il séjourna huict jours, pendant lesquels vinrent à luy plusieurs gentilshommes et autrcsgens de guerre de son parti *. » A j)eine avait-il touché cette terre de délivrance , cpie le ducd'Alencon publia son manifeste , œuvre des politiques où leurs griefs étaient hautement exprimés: « Les peuples estoient accables par les imposts; les revenus de l'Estat livrés au pillage de ceux qui en avoient l'administration ; le roi apportoit une cvtrcsnic nonchalance à rip[)aiscr les troubles, à étouffer les divisions intestines sur le fuict de la religion; ces désordres , ajoutait-il , doiventbientost cesser ; car ils ne peuvent manciucr d'entretenir la guerre civile et conduire ce malheureux royaume à sa destruction et ruine totale **. » Dès-
' Journal de ïïcini III. édition de 17 i4, tom. I, pag. 13G ' l)t'(lnr;ili(iii du dni- d' Al<'iii(.n , nèic rie lU'iiri III ,
CU.VmKS DK LV CMK (1575). 37U
hirs \c diu" (rAloncoii (IrviiU le centre d'un ji;ri\ii{l ]);»rli , l'iision des Iui(;u(.mioIs et «le la {;eiitilli<»iumerie de province.
I.a fuite du duc d'Alcuron produisit un triste cllel il la cour, car la reinc-iuérc ])révoyait les eonsécjuences de guerre civile qu'elle soulèverait encore. Henri 111 écrivait à M. de Nemours, en lui annonçant l'évasion de son IVt^re : « J'ay tousjours aiiué le duc d'Alençon , sans luy donner nu(Huic occasion d'estre mal content; cependant il ot advenu par mauvais conseils, «ju'hier au soir il s'est desparti d'avec moy.sans «juc je puisse
publiée par lui à Dreux , après son éviision de la cour en ]irenniil Icsnrnics. • .Mss. de Déthuiu- , \u\. ro(. 8845, fol. 5. — i^e 23 septembre , le duc d'Meiu-on s'empressa dccrirc à Cniherine de Médiiis sa tncre ; il l'nssuraitde ses bons seiilimiiis , «et j'ai bonne volontc; et alTrction de servir le rov cl vous. • rorlcrcuillcs Fontaiiieii , n" 337 , 338. — Votjrs jinssi : • Lettre de Mo5Sifi«. frère du roi, li la cour de piirlenicnt , et In rfS|ionse de M. le premier président.. 1575. >Iss. de Cidberl, \ol. xtix , et le - Mémoire pour dissuader le duc d Alenrondc la guerre , el luy conseiller de demeurer eu repos. . 1.175. Mss. de Bétbune, vol. cot. 8839, fol. 47. — Le duc d'.VIençon avait chercbé à attirer le duc de >emours à lui ; miiis ce priuee lui é(ri\it pour lui icmniilrcr les coiisé<|ni'in"<'s de sa rébellion , soit dans s(:s propres intérêts , soit dans ceux du royaume, puisque son frère Henri III n'ayant point d'enfaiis . il se trouvait héritier de la couronne. Mss. de Béihune . vnl rot H i7fi . pnj; 92.
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sçavoir eu quelle part il a esté. Kt pour ee que cela ne peut que accroistre les mau\ desquels nous ne sommes que trop afllifjés , je vous prie particulièrement de laire prendre jifarde partout les environs de là où vous estes s'il s'y sera poinct retiré afin de l'arrêter par tous les moyens que vous sçaurez adviser. Admonestez ceux de ma noblesse de me demeurer bons et loyaux subjccts sans suivre autre party que le mien *. » Il écrivit également au duc de Nevcrs, lui annon- ^^ant que par très-bons avis il était certain que son frère avait établi sa maison non loin de Dreux: «Au moyen de quoy je vous prie de prendre garde à vous ; j'ay eserit afin de vous envoyer des compagnies cl bon nombre de noblesse pour , s'il estoit possible , enfermer mondict frère audict Dreux , ce qui seroit bien le ])lus grand service que vous me sçauricz jamais faire.
« 7*. S. Mon cousin , l'on m'cscrit que François esta Dreux: si on le pouvoil enfermer, c'est ce que je voudrois **. »
I, 'union du duc d'AIençon avec le prince de Coudé allait donner d'immenses forces à la résistance des huguenots. Catherine , toujours préoccupée des idées de fusion et de paix i)ubli(]ue,
' Mss. de DéUiuiie, vol. cot. 8856, fol. 8. Le mciiicjour , scinbl.iljJc a\is à M. d'ihiiiiiiîres, vol. col. 8820, f<il. 28. •• .\lbs. (le JJclliunc , >ol. col.SSiC), loi. 17.
COMME>CEMKîST DES \'É(;()(;iAT10>'S (1575). 381
mandait au prince tic Condé : « Mon cousin , j'ay dict fronrhoiiicnt à ce jxirtcur que quand vous voudriez croire le conseil (jucjevous ay tousjours donné et donne encore, qui est de ne prcster poinct l'oreille à beaucoup de gens qui sont à l'enlour de vous, mais de prendre le vrai chemin pour rendre au roy mon fils le devoir d'obéiss;inceau(|uel vous luy estes naturellement obligé , je crois (jue vous vivriez bien plus content que vous ne taictes de ceste lieure ; ce que je vous prie considérer et vous remettre souvent devant les yeux *. » La paix n'était point dans l'opinion catholi([ue, qui levait son armée sous le due de Guise **. Comme la cause était ici populaire, les villes se hâtèrent de contril)ucr aux armemens. Paris surtout se montra (idcle à ses opinions; le 20 septembre loTo, on arrêta en asscndjlée générale dcshabilans, sui\aiit l'ordredu roi , de lever deux
* Mss. de Colbert , vol. xxu , gros reg. en parchein.
*' Le roi d'Es|ia;;iic recommandait d son ambassadeur de >«ir frci|ninimciit le duc île Guise : il lui icri>ail <!e sa main: • J'approuNC bcaucoui) la grande amitié (juc vous avei avec le duc de Guise , car par son entremise on pourra savoir beaucoup de choses importantes à mon service ; continuez toujours , ainsi qu'avec le cardinal son oncle ; leur donnant à entendre la considération et estime où je les tiens, et dans tous leurs besoins et nlTairus je fcriii avec bien bonne volonlé (oui ce (|ui pouini letir fMin; |p|iiisir. • Archives de Simanca-; , BSO^''.