‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 32 sur 113 · MURMURES DES HUGUENOTS · texte numérisé non relu

MURMURES DES HUGUENOTS

royne de Navarre lui requcroit de sa sœur avec son fils lui apportoit commodité à ses affaires, lui a accordé sadicte sœur ])Our espouser son fils le j)rince de Navarre, ce que je trouve bon, puisqu'elle est en lieu qu'elle sert au roy mon fils et à ce royaume; de quoy j'ay bien voulu advertir Vostre Majesté, comme je feray toujours de tout ce qui nous touchera, car nous sommes, par la grâce de Dieu, bien bons amis, et je puis vous asseurer que le roy monsieur mon fils ne commencera jamais à rompre ou diminuer la paix qui est entre vous, comme je m'asseure aussi que Vostre 3Iajesté ne lui en donnera nulle occasion*.»

Ces relations n'étaient point ij^norées du parti huguenot; on savait que la reine ne laissait passer aucune occasion de rendre service au roi d'Espagne, et lorsque fut connue la triste défaite des calvinistes français en Flandre, sous la conduite de Genlis, un cri universel se fit entendre parmi eux. On accusa Catherine de Médieis, et plusieurs de SCS conseillers, d'avoir révélé tous les secrets de l'expédition et ses forces. Comme il arrive toujours quand un grand parti est resté long-temps maître desafiaires, les catholiques avaient conservé dans leur intérêt plusieurs des membres du conseil. On voit déjà dans une dépèche du secrétaire Aguillon, datée de Blois, (|u'il savait tout ce qui

* Vrchivi's de Simaiiciis , It liT"'".

cn.VRLtS IX ET PHlLIiTE 11 (1572). Ilî>

se passait en ses délibérations : « Je cognois le secret du duc de Nevers; j'ai conféré avec un de ses confidens; je n'ai pu lui tirer autre chose, sinon que le roy et la royiie désirent continuer la paix et amitié avec le roy notre seigneur, et qu'on n'arme ni contre luy ni pour aucune chose (jui le touche*.» Les archives de Siujancas conservent encore la preuve que Charles IX ne voulait pas rompre avec l'Espagne. Plusieurs dépèches existent du mois de mai aumois d'août, époque dclahautc influence des huguenots. Le 3 mai lo72, l'ambassadeur de France écrivait au roi d'Lspagne :«Sire, le roy trcs-chreslicn. mou maistrc, m'a envoyé un courrier par lequel il me commande très-expressément faire entendre à Vostre Majesté infinité de particularités, les unes touchant le fait commun de Vos Majestés, et les autres son particulier, desquelles toutefois comme à son bon frère, il m'ordonne les lui faire entendre : Vostre Majesté me commandera quand elle trouvera bon que je l'aille trouver, à ce (juclle soit servie.**»

De quoi s'agit-il dans ces afliaires si essentielles, si secrètes? Dans l'audience accordée le 10 mai à Aranjuez, l'ambassadeur dità Philippe» que le duc d'Allie avoitenvojc M. de Villerbal pour sçavoir si l'armée qui se trouvoit en France estoit dirigée

■ Dépêche au duc dWlbe , arrliives de Simancas , B ù2'". *■ Archives de Simancas , cot. B 33'.

120 COLIGNY CONTRE CATIIEUn'E DE MÉDICIS (1572).

contre. les Kstats de Sa Majesté Catholique; on lui avoit respondu en Tasseurant que cela n'estoit pas;leroy de France estoit jaloux de garder l'heureuse paix et amitié qu'il avoit avec Sa Majesté, et que l'année ne seroit envoyée pour aucune chose qui regardast le rov. » Knsuite toutes ces communications secrètes touchent au mariage de Henri de Béarn avec la sœur du roi, union qui doit favoriser le service de Dieu et la j)aix dans le royaume de France*.

En arrivant à Blois , Coligny avait eu l'ambition de s'emparer absolument du conseil et d'en exiler l'autorité de la reinc-mcre; il savait que cette vieille influence se faisait partout sentir; et d'ailleurs il ne pouvait gouvcruer à l'aise qu'après avoir obtenu ce premier et important résultat. La tactique à suivre n'était pas dillicile ; Charles IX atteignait sa vingt-troisième année; n'était-il pas temps de gouverner lui-même et de secouer cette lourde tutelle de sa mère ? Coligny offrait le secours de son bras et la nombreuse gentilhommerie provinciale à ses ordres. (Catherine , ])réve-

* Archives de Simancas, cn(. B 33^*. — Ce que l'ambnssndeiir de France dit à Sa Majesté , de la parf de son roi : /.e (liro que cl mj su hcrniniio le hnrin snher i oino Icnin ronrertado el rasatnionlo de mndama Mnrtjariln. su licrinuna. ron clpriitcipc de liearne. séria un négocia etigrun terril io do Dios y procerlm dr nq'irl rri/nn.

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