J2(> SITUATION DES PARTIS
iiol)lcsse calviniste à Paris , afin de s'en débarrasser par un grand carnage, ('eci put être conçu par quelques têtes du parti catholique; on put envisager la possibilité d'un massacre général des huguenots, coup d'Etat de sang qui était comme une nécessité du catholicisme pour ressaisir le pouvoir. Mais cet événement ne tut ni préparé ni concerté avec tant de soins; il arriva comme arrivent toutes ces fatales exécutions populaires , par un mot, par un acte , par un accident : quand les choses en sont venues à un certain point , un signal sullit pour l'explosion , et elles éclatent plus é])Ouvantal)les encore (|u'on avait voulu le faire. Se débarrasser des huguenots était une idée familière à lu multitude; on avait essayé la guerre., les édits , les persécutions ; on tenta la tuerie , et il ne faut en accuser personne : le mouvement des partis , un fonatisrae d'opinion , furent les mobiles de la Saint-lîarlhélemy. En révolution , souvent il faut effacer les noms propres pour distribuer le blâme ou l'éloge : les masses font le bien et le mal.
Il est conslant que l'amiral Coligny avait pris un grand ascendant sur l'esprit du jeune roi Charles IX; je ne crois pas à une dissimulation de deux années , à tous ces témoignages de confiance pour arriver après un si long temps à un coup d'Etat. Le conseil fut entraîné par les ])assions de son parti ; il ne pouvait se placer au milieu des calvi-
CAISES nu MOUVEMEINT rOPl'LAlKE (1572). 127
viiiisles qui n'étaient pas assez forts et avaient contre eux le peuple; il alla donc a\('o le n»ouvenient qui emportait aux. excès catholiques. On a fait de Charles IX un monstre , de Catherine de Médicis une fijifure sanjjlante de femme ; l'un et l'autre luttèrent lonjifues années contre une réaction qu'ils furent oblifjés de seconder. Quand on lit les histoires des écrivains modernes sur cette é|)0(iue, on dirait qu'il s'agit de petites intrigues de niar(juis et de cour , en face pourtant de la puissante histoire de ces masses qui broient les hommes et les choses.
Après les noces de Henri de Navarre, les catholi(jues n'en pouvaient plus; Catherine, qui s'était réunie aux Guise, était placée au centre de ce mouvement dont elle calculait la prochaine et inévitable influence. Charles IX seul restait uni aux calvinistes et concertait avec Coligny l'expédition de Flandre contre le roi d'Espagne. Alors eut lieu peut-être cette conférence secrète entre Catherine et son fils . dans laquelle, déployant toutes les forces du catholicisme , elle lui montra les héréti(|ues prêts à rompre la paix , appelant encore une fois les reitrcs, les Anglais, pour soutenir la petite minorité de leur parti. Klle fit ([uelque impression sur l'esprit de Charles IX; mais l'amiral s'était emparé de toutesles idéesdu jeune prince; il favorisait son émancipation delà chaîne pesante dont Catherine de Médicis r;i<c;)lilait