MT.SURES DE PRÉCAUTION
depuis l'enfant-e. Les partis étaient prêts ; il fallait que la guerre reconiniençàt d'une manière quelconque ; limjjrudence des huguenots n'avait pas de bornes. La Aouc déclare « qu'il y en avoit de bien hardis et de bien décontenancés parmi les siens, » et les siens formaient une opinion odieuse aux métiers, aux halles , aux confréries.
Charles IX couvrait de sa protection la noblesse calviniste , occupant mililairement Paris. Quelques jours après les massacres arrivés à Rouen, à Orange , le roi écrivait aux gouverneurs pour empêcher toute prise d'armes. «Mous, encore que je me tienne tout asscuré que suivant plusieurs lettres que je vous ai ci-devant escrites , et le soin que vous avez pu cognoistre que j'ai d'empescher mon peuple de foulle et d'opression , vous donnerez tout le meilleur ordre qu'il vous sera possible en l'estendue de votre gouvernement , à ce qu'il ne s'y lève aucuns gens de guerre, tant de pied que de cheval , sans mes commissions, etquevous vous employiez vertueusement à rompre et tailler en pièces ce qui s'enpourroit jà estre levé ou s'en lever par ci-après : néanmoins , pour avoir ce faict tant à cœur , comme je l'ai , ])remiôremcnt , pour conserver ce qui est dû à mon autorité, puis, pour le bien et soulagement de mon peuple, du- (jnel j'ai le mcsme soin que doit avoir un père l)0ur SCS propres cnfans, je vous fais derechef ce judf . pour \ous dire que surtout ^i désirez faire
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rhose qui me soit fort agréable, vous ayez à vous l'iKjuérir soigneusement s'il se trouve dedans l'estendue de voslre gouvernement aucuns gens de guerre ainsi levés sans mes commissions, auxquels sur le ])remier adverlissement qui vous en sera donné, vous ferez courir sus avec toutes les forces (|ue pourrez mettre ensemble, en usant de tel devoir et diligence, que Icsdictes levées puissent estre rompues et taillées en pièces avant qu'elles aient loisir de se grossir et de faire sentira mon peuple la foulle et oppression qu'il en a reçues j)ar ci-devant : vous asseurant que la plusagréa- ]"Ie nouvelle que je pourrai avoir de vous, ce sera que vous ayez satisfait à celte mienne volonté et intention, si l'occasion s'en présente, dont vous lue doiuieriez incontinent advis *. »
Il y avait alors en chaque opinion des hommes secondaires, hardis auv coups de mains, et (|ui se chargeaient d'expédier quelques-unes des hautes tètes du parti opposé. Dans les mœurs du leuq)s, ces assassinats à coups d'ar(|uebuses ou de pislollcs étaient chose naturelle. Tout fanatisme enfante des dé\ouemens; Coligny n eut pas besoin de presser Poltrot pour qu'il frappât François de Gui.se; et Henri de Guise ne dut pas presser beaucoup Maurevel pour venger la mémoire ilu grand c qiitaine : • Le vendredi 22 d'aoust , dès le matin ,
* Mss. dp Rt'thiinc, vol. lolé 8717. fol. 149.
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Maurevel aj^ence son arijuebouse et attend de pied coy l'adiTiiral, lequel estoit entré le matin au cabinet du duc d'Anjou , par son coniniandement , avec les mareschaux de Cossé et de Tavannes, pour rapporter leur ad vis sur l'accord d'un difiéreud esniu de lonjif-temps entre les sieurs de Guerchy et de Tianges. Le niareschal de Damville y fut appelé , et l'envoya-t-on (luérir par le sieur de Cornaton ; mais il s'excusa sur ce que le roy lui avoit commandé d'accorder une autre querelle entre deux gentilsViommes. Au sortir de là, comme il alloit en son loji^is, ayant trouvé le roy qui sortoit d'une chapelle qui est au devant du Louvre, le ramena jusqucs dans le jeu de paulnie (où le roy et le duc de Guise, ayant dressé partie contre Téligny et un autre {jentilhonnne, jouèrent quelque peu) , puis en sortit pour s'en aller disner en son lo{;is , acconipaçrné de douze ou quinze gentilshommes. Il ne i'ut pas à cent pas du Louvre, que d'une fenestre treillissée du logis (où logeoit ordinairement Villemur, précepteur du duc de Guise), lui fut tiré une arquehousade avec trois balles , sur le point qu'il lisoit une requeste, allant à pieds par la rue. L'une des balles lui emporta le doigt indice de la main droite, de l'autre balle il fut blessé au bras gauche. Lorsqu'il fut atteint, le sieur de Guerchy estoit à son costé droict d'où lui fut tiré l'arquebousadc , et a son gauche l'aisnc des Pruneaux ;
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ils furent Tort esbahis cl cspcrdus. et tous ceux qui estoicnt en la compafinie. L'admirai ne dict jamais autre chose, sinon (ju'il monstra le lieu d'où on lui avoit tiré le coup et où les balles avoient donne; et regardant son escuyer d'cscurie qui estoit près de lui, dict :« Yolet, allez dire » au roy ce qui m'est advenu. » Un autre gentilhomme vovant l'admirai blessé , s'approcha d'3 lui pour lui soustenir son bras gauche, lui serrant l'endroit de la blessure aver son mouchoir; le sieur de Guerchy lui soustenoit le droict , et en ceste façon fut mené en son logis distant de là environ de six vingt pas. En y allant un gentilhomme lui dict qu'il estoit à craindre que les balles ne fussent empoisonnées; à quoi l'admirai resj)ondit ([uil n'nd\iendroit que ce qu'il plairoit a Dieu. Soudain après le coup , la porte du logis d'où l'arquebousade avoit esté tirée fut enfoncée par certains gentilshommes de la suite de l'admirai. L'ariiuebouze fut trouvée, mais non l'arquebouzier : ouy l)icn un sien hujuais et une servante du logis. L'arqucbouzier s'esloit soudain enfui par la porte de derrière qui sort sur le cloistre de Saincl-Germain-de-l'Auxerrois , où l'on luy gardoit un cheval i)rest, garni de pistoUes à l'arçon de la selle. Sur lequel estant échappé, il sortit hors de la porte Sainct-Anloine ; oiiayant trouvé un cheval d"K? pagne qu'or» lui trnoit en mains, desrendit du premier, puis