‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 36 sur 113 · MESURES DE LIIOTEL-DE-VILLE · texte numérisé non relu

MESURES DE LIIOTEL-DE-VILLE

se mit sur le second , et partit au grand galop *. » Ce bon coup d'arquebuse tiré sur Taniiral fut le signe lugubre d'une lutte terrible. (Iharles IX la redoutait cette sanglante lutte. Quand on lui porta la nouvelle que l'amiral avait été blessé par un assassin, le roi jouait à la paume. Jetant sa raquette à terre avec fureur , il s'écria : ■< Mort de Dieu , je ne serai donc jamais tranquille ?

Il y eut grande émotion à Paris , à cause de cette blessure de Coligny. Inuuédiatement la nouvelle fut mandée à rilôtel-de-Ville : « Le \endred\ 22® jour dudict mois d'aoust, environ les dix heures du matin, furent apportées nouvelles à MM. les prevost des marchands et eschevins estant au bureau d'icelle ville , que présentement l'on avoit tiré un coup d'arquebousade au sieur admirai Gaspard de Coligny . revenant du Louvre et passant par-devant le cloistre de Sainct- Germain-de-l'Auxerrois du costé dudict Louvre, dont il auroit esté blessé à un bras et aux deux mains. Lt le même jour , afin d'obvier aux inconvéniens qui pourroient advenir à la dicte ville et pourvoir au repos d'icelle , furent expédiés mandemens aux quarteniers , archers , arbalestriers et arquebousiers : « De par les prevost des marchands et eschevins de la ville de Paris : capitaine des archers, arbalestricrs et arquebou-

' Coninicnt M. r.Tliiiiinl lut M«.'>m-. I .')7- ( îiioilmrr).

^ILSIRES DE I.IIOTEL-DK-VILLE (1572). i;5:î

siers , nous vous mandons (jue avez à assembler |trt'sonteuienl toutes vos compajjnies, avec lesquelles vous vous rendrez en armes devant l'Hostel-de-la-Vilie , et la plus-pari de vous serez à «•he\al et l'autre à ])ieds, et y viendrez en toute modestie sans esniouvoir personne, et n'y faictes faute. MM. les quarlcniers, nefaillez présentement a envoyer six de vos eincjuanteniers et dixainiers sans armes aux portes descjuelles vous avez la charge, pour \oir et eognoistre (jui passera et entrera et aver quelles armes; et quant à vous, (lemourercz en vostre quartier pour déclarer à \os l)ourgeois([u'ils nes'e.snieuvcnt ne preinient aucunes armes, et les leur faire laisser s'ils les avoient prises : et de tout ce que ferez et verrez, vous nousadvertirez incontinent et en toute diligence, et n'y fiiictes faute *. »

Le corps de ville de Paris prévoyait l'approche (le la crise ; la guerre civile se montrait dans toutes ses violences , car ce coup d'arquebuse avait retenti fortement dans les opinions.

* Kcgishe di: I ll6lel-ile-\ille , X, pag. 7, rcrto cl verso.

Page 1