‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 2)Chapitre 41 sur 113 · III. i · texte numérisé non relu

III. i

158 VVEUX DU DUC D'VNJOU (1572).

est «nvoyé quérir, sous prétexte duquel est résolue l'exécution; il lui est permis d'aller tuer l'admirai, venjifcr la mort de son père , il y court , y arrive devant jour , enfonce les portes avec les gardes de Sa Majesté *. »

Les aveux du due d' Anjou, furent comme un cri de remords adressé à la Pologne, qui l'accusait d'une fatale participation aux journées de la Saint- Barthélémy. C'était dans la nuit; le duc paraissait agité de sinistres rêves ; il s'épancha dans le sein de Miron, son chirurgien : « Nous nous estions aperçus (jue depuis que l'admirai de Chastillon avait entretenu en particulier le roy mon frère , et après son départ , ([uand la roync et moy ahordioiis mondict frère pour lui parler , nous le trouvions estrangement fougueux et renfrogné , tellement qu'un jour la main sur sa dague j'ai cru qu'il me vint colleter et poignarder , mais je l'cschappai belle et me sauvai. De ce j)as m'en allai trouver la royne ma mère, et lui racontant celte circonstance, nous demeurasmc^ persuadés que l'admirai estoit celui-là qui avoit imprimé au roy quchjue mauvaise et sinistre opinion , et résolusmes aussitost de nous en défaire. Dès lors nous fismes venir un capitaine, honnnc écervelé; mais comme il auroit esventé

* Mémoires dcTavaniics, li)ni. m, iiii;;. 295 à 297, 25" \oliiiiic fie I.T rollcetion PetiJol.

WEUX DU DUC D'ANJOU (1572). I5t>

l'alVaire, nous la confiasnies à Maurcvel, déjà praticiiu' cl cviKTiinenté en l'assassinat , ([ui toutefois ne se montra si bon arquebouiier qu'il pensoit , ayant seulement blessé ledict admirai. I.e roy mon frère ayant délibéré d'aller le visiter, la rovne ma mère et moy voul usines estre de la partie. Pendant bien longues heures l'admirai parla à mon frère .sous une honneste couverture. Hors du logfis , la royne et moy voulusmes savoir le discours et secret que l'admirai lui avoit communi({ué : « Parla mort de Dieu , respond le roy, ce qu'a dict l'admirai est vray; toute la superintendance et maniement des aflaires estgli.ssé dans vos mains; cela m'est préjudiciable à moi et à mon royaume. L'admirai m'en advcrtit avant sa mort. T> JNous fusnies grandement oHensés de pareils propos et résolusmes, ma mère et moy, par quelque moyen que ce fust , de dépe.scher l'admirai, et taschasmes d'amener le roy à cette résolution. Nous fusme» dans son cabinet où estoient le sieur de INevers , les maréchaux dcTavanncs et de Retz , et le chancelier de Riragues : ma mère remonstra que les huguenots .s'armoient pour venger la blessure de l'admirai et faisoient grandes levées en Allemagne ; que d'un autre costé les catholi([ues estoient délibérés de mettre à tout cecy une bonne fin ; ils avoieut arresté entre eux d'cslire un capitaine-général pour prendre leur parti en protection ; qu'ainsi le roy alloit se

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